Antananarivo, 26 Avril, 8h50 – 180 000 emplois se trouvent actuellement menacés avec le nouveau régime douanier américain imposé aux exportations malgaches vers les Etats-Unis. Cette situation touche environ 60 000 emplois dans le secteur textile et environ 120 000 emplois dans la filière vanille, indique le gouverneur de la Banky foiben’i Madagasikara (BFM), Aivo Andrianarivelo, dans une émission spéciale diffusée par TV Plus Madagascar en marge de la réunion de printemps de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international (FMI).
Il s’agit de prévisions que les membres du Groupement des entreprises de Madagascar (GEM) lui auraient rapportées, précise le gouverneur de la Banque centrale. Et elles auraient été avancées en supposant qu’il n’y ait aucune solution à la situation actuelle, a-t-il exposé.
Le textile, la vanille et les produits miniers sont les trois produits qui dominent les exportations malgaches vers les Etats-Unis, rappelle la ministre de l’Economie et des finances, Rindra Rabarinirinarison. En termes de volume, leur part sur les exportations totales de la Grande île vers cette destination est de 54,8% pour le secteur textile, 23,07% pour les produits miniers et 16,9% pour la vanille, a-t-elle détaillé.
Les impacts du nouveau régime douanier américain sur les activités des entreprises qui exportent ces produits vers les Etats-Unis ne sont pas négligeables. Il y a les emplois qui en sont concernés au niveau des entreprises franches mais aussi donc les emplois liés à l’exportation de la vanille. Mais la ministre Rindra Rabarinirinarison y ajoute encore l’impact de cette mesure sur les sociétés dans le transport de marchandises qui assurent habituellement l’acheminement de ces produits en partance des usines vers les ports.
L’Etat se mobilise face à cette situation et le ministère du Travail, de l’emploi et de la fonction publique est fortement impliqué pour y trouver des solutions. La ministre Hanitra Razakaboana avait déjà insisté, à l’issue d’une rencontre avec des représentants du groupement des entreprises franches et partenaires (GEFP) que « le maintien des emplois reste la priorité de l’Etat ». Elle avait avancé des soutiens aux entreprises qui se trouvent dans une situation délicate, mais n’y a cependant pas révélé des détails.
Récemment le GEFP avait indiqué que les mesures américaines pousseront à la fois les investisseurs et les donneurs d’ordre à réévaluer et ajuster leurs commandes produites à Madagascar à destination des États-Unis. Ce groupement indique par ailleurs que « conséquences de ces décisions varieront selon le contexte propre à chaque entreprise et s’étendront sur le court, moyen et long terme ».
