30 %. Ce serait la part critique du portefeuille de projets de la Banque arabe pour le développement économique en Afrique (Badea) paralysée par la lenteur des décaissements à Madagascar. Un sujet abordé par le ministre de l’Économie et des finances, Herinjatovo Ramiarison avec le président de cette institution financière, Abdullah KH Almusibeeh lors d’un entretien en marge des Assemblées de la Banque Africaine de développement qui se tiennent à Brazzaville depuis le 25 mai.
Les deux parties ont fait le point sur le portefeuille des projets financés par la Badea lors de cette rencontre. Les deux responsables ont alors insisté sur la nécessité d’accélérer la mise en œuvre des projets. Et ce, dans un contexte marqué par des retards d’exécution et des besoins persistants en infrastructures économiques, note le ministère de l’Économie et des finances qui rapporte l’entretien.
Pour débloquer la situation, les deux parties misent sur un audit technique conjoint destiné à repérer et éliminer un à un les verrous administratifs qui freinent les financements, tout en ouvrant le portefeuille au secteur privé. Elles ont d’ailleurs convenu de renforcer leur collaboration, en vue d’approfondir l’analyse du portefeuille de projets.
Le portefeuille de la Badea à Madagascar est actuellement très axé sur les infrastructures de transport stratégiques et la connectivité. Cette Banque avait confirmé son engagement à Madagascar avec un prêt de 80 millions de dollars destiné à la construction de l’autoroute Antananarivo–Toamasina, lors du déplacement de son Président à Madagascar au mois d’août 2025. Outre ce projet, d’autres infrastructures bénéficient de l’appui de la Badea. La réhabilitation d’une portion de la route nationale RN5 vers Soanierana Ivongo, la construction du pont de Mangoky et la réalisation des deux échangeurs routiers d’Anosizato et Andohatapenaka figurent dans son portefeuille d’investissements.
Si l’urgence reste à l’accélération des grands projets, la rencontre avait également permis d’ouvrir une nouvelle feuille de route pour le secteur privé. La Badea et le gouvernement malgache ont mis l’accent sur le soutien aux PME, avec pour objectif d’améliorer concrètement l’accès au financement et concevoir des mécanismes financiers enfin adaptés aux réalités du terrain.
