HOMMAGE : La question du fokonolona de Ratsimandrava reste d’actualité

Quarante-quatre ans après son assassinat, le Colonel Richard Ratsimandrava continue d’inspirer les politiciens malgaches avec sa théorie basée sur le fokonolona.

11 février 1975-11 février 2019. Il y a 44 ans, le Colonel Richard Ratsimandrava tombe sous les balles d’un commando lors d’une embuscade à Ambohijatovo Ambony. Il venait, six jours plus tôt, de recevoir les pleins pouvoirs des mains du général Ramanantsoa pour diriger le pays. Avant cela, l’officier supérieur était ministre de l’Intérieur du gouvernement de transition et s’était fait connaître, entre autres, par son émission radiodiffusé « Alaolana » où il avait mis en avant sa théorie basée sur le « fokonolona ».

L’idée est d’unir dans leur attachement et leurs engagements à la communauté les membres d’une société aux origines, aux religions, aux races et eux ethnies pourtant diverses. La théorie, aujourd’hui, est loi d’être démodée : de nombreux hommes politiques la reprennent, l’adaptent à leur sauce et la proposent aux électeurs.

A la dernière élection présidentielle, pas moins de deux candidats ont repris le thème fokonolona dans leur campagne. Ny Rado Rafalimanana, l’un d’entre eux, s’est même prévalu de s’inspirer de la théorie de l’ancien chef de l’État. Son « vatoeka », a-t-il déclaré, n’est pas un nouveau projet. Mais s’il affirme ne pas copier celui du défunt chef de l’État, il dit vouloir poursuivre un programme « oublié et méconnu de la plupart des Malgaches ».

Le candidat Zafimahaleo Rasolofondraosolo, alias Dama, a lui aussi beaucoup insisté sur le concept du « fokonolona » comme base du développement pendant la campagne électorale. « Le ‘fokonolona’ est le berceau de notre République », estime-t-il.

Le parti politique Antoka sy Dinan’ny Nosy (ADN) d’Edgard Razafindravahy n’a pas participé à la présidentielle, mais le concept de la refondation qu’il prône mise sur l’idéal de Richard Ratsimandrava de diriger l’État par la base « le fokonolona ». Les jeunes du parti suivent des formations théorique et pratique afin de poursuivre et d’adapter ce concept initié par l’ancien chef de l’État.

Haja Rasamimanana, fondateur de l’ONG « Exprimez-vous ! », œuvrant pour la promotion de la jeunesse et l’éducation citoyenne, disait en avril 2018 que si « nous voulons ériger une société prospère, il faut se pencher d’abord sur nos racines ». Et les racines, pour lui, c’est bien le concept de « fokonolona » encore une fois, la communauté. « La démocratie occidentale ne correspond pas à notre culture, ce qui rend les débats actuels difficiles », pense-t-il.