Une surcouche de sécurité. Madagascar travaille sur la conception et l’opérationnalisation d’un système national de stocks stratégiques de carburant. Ce processus inclut la définition du cadre réglementaire, le choix du modèle de financement et la construction progressive de capacités de stockage dédiées pour garantir une réserve de sécurité souveraine. C’est un projet prévu dans la Lettre de politique de l’aval pétrolier, présentée récemment par le ministère de l’Energie et des hydrocarbures.
Comme rappelé par le directeur général des Hydrocarbures, Harivelo Andrianaharinjaka, Madagascar devrait disposer d’un stock de sécurité, en vertu du cadre légal et réglementaire déjà en vigueur au pays. Celui-ci doit obligatoirement correspondre à un minimum de 21 jours de consommation. Bien que cette obligation ne s’applique pas individuellement à chaque dépôt, elle s’apprécie de manière globale au niveau du système d’approvisionnement.
En revanche, le stock stratégique est un dispositif qui n’existe pas encore à Madagascar. Les pays occidentaux, notamment les pays membres de l’OCDE, en disposent déjà. Selon les modèles, ils sont soit détenus par l’État, soit confiés à des opérateurs privés, explique le directeur général des Hydrocarbures. C’est un volume qui viendra donc s’ajouter au stock de sécurité classique dont la Grande île dispose actuellement. Le niveau d’un stock stratégique peut atteindre jusqu’à 90 jours de couverture, poursuit-il.
Dans la gestion des risques énergétiques, le stock de sécurité (opérationnel) sert à gérer les aléas du quotidien. C’est le flux tendu pour que les stations-service ne tombent pas à sec. Le stock stratégique (souverain) est pour sa part activé en cas de crise majeure ou de force majeure internationale. C’est une réserve à laquelle on ne touche pas en temps normal.
« La mise en place d’un mécanisme de stock stratégique est essentielle. Elle nous permettra de sécuriser l’approvisionnement national », a alors soutenu le directeur général de l’Office malgache des hydrocarbures (OMH), Cydolain Raveloson. Ainsi, en cas de retards logistiques ou de perturbations sur la chaîne logistique internationale, ce stock stratégique prendra le relais pour assurer la continuité de l’approvisionnement, explique-t-il.
Deux problématiques majeures se posent toutefois. Harivelo Andrianaharinjaka parle notamment du stockage ; car ce projet nécessitera la construction de nouvelles infrastructures, avec les capacités de stockage actuelles du pays qui sont déjà saturées. Il évoque également le financement pour la constitution et la valorisation de ce stock.
« C’est une obligation que nous devons impérativement mettre en place. Ce dispositif devrait d’ailleurs être intégré dans le prochain projet de loi sur l’aval pétrolier », a avancé le directeur général des hydrocarbures. Les autorités s’accordent toutefois à dire que la mise en œuvre opérationnelle de ce projet prendra un certain temps.
