Antananarivo, 28 Octobre, 9h35 – Un grand challenge. Le fossé de prospérité, qui mesure l’écart moyen entre le revenu actuel et le niveau de prospérité mondial fixé à 25 dollars par personne et par jour, est estimé à 27,3 pour Madagascar. C’est ce qui est indiqué dans le Rapport sur la pauvreté, la prospérité et la planète 2024 de la Banque mondiale. Pour un spécialiste de cette institution financière, “cela signifie que les revenus de la Grande île doivent être multipliés en moyenne par 27,3 pour atteindre ce niveau de prospérité”.
Madagascar figure parmi les économies présentant de fortes inégalités de revenu puisque les revenus dans le monde ne devraient être multipliés que par cinq, en moyenne, pour atteindre ce niveau de 25 dollars par personne et par jour. Et ce niveau correspond au seuil minimum de prospérité pour les pays à revenu élevé.
En revanche, si l’inégalité à Madagascar était au niveau de référence hypothétique, le fossé de prospérité serait de 18,8 au lieu de 27,3. “En d’autres termes, l’excès d’inégalité à Madagascar est responsable d’un fossé de prospérité 45 % plus grand”, reprend notre source auprès de la Banque mondiale. “Cela ne signifie cependant pas que Madagascar a le plus haut niveau d’inégalité, mais que l’inégalité contribue fortement à l’écart de prospérité à hauteur de 45 %”, précise-t-elle.
Dans son Rapport sur la pauvreté, la prospérité et la planète 2024, la Banque mondiale montre à travers une figure les 20 nations les plus pauvres du monde, classées en fonction du revenu moyen par habitant des ménages (du plus pauvre en haut au plus riche en bas). Madagascar y est placé en haut du tableau.
Pour chaque pays, la figure présente un écart de prospérité hypothétique avec un niveau d’inégalité de référence. Celui-ci équivaut à l’inégalité la plus faible observée dans la base de données de la Plateforme sur la pauvreté et les inégalités (barre bleu foncé) et l’écart de prospérité avec le niveau actuel d’inégalité dans le pays (barres bleu foncé + jaune). La différence qui en résulte dans les écarts de prospérité indique l’ampleur de l’influence de l’inégalité “excédentaire” (segment jaune de la barre).
