Antananarivo, 17 Mai, 16h02 – Des opportunités à saisir. Le marché de l’assainissement à Madagascar est vaste. Selon le ministère de l’Eau, de l’assainissement et de l’hygiène (MEAH) la construction de 7,6 millions de latrines est nécessaire et urgente dans la Grande île, actuellement. Soit plus de 21 millions de clients potentiels. Le phénomène a d’autant plus été amplifié par la destruction de nombreuses infrastructures d’assainissement et d’hygiène après le passage des cyclones en début d’année, constate Kleoni Mandimbisoa, directeur de l’assainissement et de l’hygiène auprès du MEAH.
Malgré l’immensité du marché, ce secteur n’attire pas les entreprises, regrette Jean Benoit Manhès, représentant adjoint à Madagascar du Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef). L’environnement des affaires, notamment le marché de l’assainissement, reste aussi rédhibitoire pour les industriels à cause de nombreux facteurs. D’un autre côté, l’accès aux équipements d’assainissement reste aussi limité pour la majorité des Malgaches, que ce soit au niveau de l’accessibilité ou celui des coûts.
Afin de remédier à la situation, l’Unicef et l’Etat organisent durant deux jours à Ambodivona un atelier de consultations auquel sont conviés le secteur privé et toutes les parties impliquées dans l’assainissement afin de trouver des solutions. «L’objectif est de trouver des modèles afin que le secteur privé puisse s’en sortir et apporter sa contribution dans ce domaine qui n’est pas nécessairement porteur», explique toujours le représentant de l’Unicef. Au-delà des investissements, un appui et un feedback du secteur privé sont attendus afin de mettre à jour les lois, les décrets et les plans de développement, souligne-t-il.
Selon une étude sur la situation de l’assainissement à Madagascar, le mauvais accès aux services d’eau, d’assainissement et d’hygiène coûte environ 567 millions de dollars par an, soit 25 dollars par personne par an. Sont compris dans ces chiffres, les coûts de soins liés aux maladies provoquées par la pollution de l’eau, précise Jean Benoit Manhès. A Madagascar 80 % de l’eau est polluée notamment à cause de la défécation à l’air libre, mettant les points d’eau en contact avec les matières fécales et causant des maladies diarrhéiques, et surtout la malnutrition.