Antananarivo, 20 Mai, 7h45 – Entre 25 et 50% d’économie. Même si Madagascar se place déjà parmi les pays d’Afrique où le prix du data mobile figure parmi les moins chers avec 1,35 dollar pour 1 gigaoctet de données, les usagers devraient voir ce coût réduit avec la libéralisation du secteur des télécommunications. Cette libéralisation permettra de baisser ce coût à 1 dollar par gigaoctet de data à partir de l’année prochaine, indique le ministre en charge des Télécommunications, Tahina Razafidramalo, en marge de l’ouverture de la douzième édition des Assises de la transformation digitale en Afrique, ce vendredi.
Le ministre Tahina Razafindramalo avance cette marge, en tenant compte du temps qu’il faudra aux opérateurs pour les investissements et pour mettre en place leur cahier de charges. L’Etat a également besoin de ce temps pour bien réguler le marché et pour parvenir d’être un bon «gendarme des télécommunications» afin que le partage de la valeur puisse se faire en faveur de la population, a-t-il soutenu.
La libéralisation du secteur des télécommunications décidée par l’Etat, il y a quelques semaines devrait permettre à tous les opérateurs « d’avoir les mêmes armes pour se battre et d’avoir les mêmes avantages pour pouvoir travailler et développer leurs infrastructures », avance le ministre des Télécommunications. Il rappelle que « les autres opérateurs dépendaient auparavant d’un ou de deux opérateurs simplement ». Ce qui n’est plus le cas aujourd’hui puisque « ces autres opérateurs peuvent désormais investir massivement et ils pourront également avoir leur propre structure de tarification », d’après ses explications.
Ce membre de gouvernement soutient aussi que les autres opérateurs vont pouvoir introduire Internet par les câbles sous-marins à Madagascar et pourront transporter la partie « data » dans les grandes villes. Ces changements vont s’opérer dès cette année et se poursuivra l’année prochaine, lance-t-il.
Dans cette démarche de libéralisation, l’Etat devrait sortir des actes administratifs pour encourager l’investissement dans l’infrastructure numérique et pour rendre les services à large bande plus abordables. Parmi eux, le décret sur les licences et les déclarations introduisant des licences unifiées et mettant fin aux droits exclusifs sur tous les segments de la chaine de valeur. Il y a également le décret sur l’interconnexion et l’accès, qui traite la position dominante et les pratiques anti-concurrentielles. Sans oublier l’arrêté ministériel fixant les plafonds de prix révisés pour le backbone.
L’Autorité de régulation des technologies de communication (Artec) devrait pour sa part publier des règles pour un marché concurrentiel. Un décret fixant les redevances de licence et un autre fixant les droits de licence dans le cadre d’un nouveau système d’octroi avait été demandé. Il a par ailleurs été imposé l’utilisation de nouvelles procédures pour l’attribution des fonds gérés par le Fonds pour le développement des technologies de l’information et de la communication (FDTIC).
Et enfin pour assurer la pérennité des principes de concurrence, une nouvelle loi sur les télécommunications devait être soumis au Parlement, suivi des décrets d’applications correspondants.
