Un tribunal de Damas a condamné mardi par contumace l’ancien président syrien Bachar al-Assad à la peine de mort pour des crimes contre l’humanité et des crimes de guerre commis durant la guerre civile. Son frère Maher al-Assad et plusieurs anciens responsables militaires et sécuritaires ont également été condamnés à mort dans ce qui constitue les premières condamnations visant des membres de l’ancien pouvoir depuis la chute du régime.
Bachar al-Assad a été reconnu coupable notamment d’assassinats avec préméditation, de meurtres intentionnels, de tortures ayant entraîné la mort et de privations de liberté. Le jugement a été rendu alors que l’ancien président, renversé en décembre 2024, se trouve en Russie, où il s’est réfugié après la prise de contrôle de Damas par les forces dirigées par les islamistes.
Absence des accusés
Le procès, ouvert en avril, s’est déroulé en son absence. Le tribunal a également condamné par contumace Maher al-Assad, qui dirigeait une division d’élite de l’armée syrienne, ainsi que l’ancien ministre de la Défense Fahd al-Freij et Louay al-Ali, ancien chef des services de renseignement militaire dans la province de Deraa.
Seul accusé à comparaître devant le tribunal, Atef Najib, ancien responsable de la sécurité politique à Deraa, a lui aussi été condamné à mort pour des crimes contre l’humanité. Il avait notamment été accusé d’avoir participé à la répression des premières manifestations contre le pouvoir en 2011.
Poursuites prioritaires
Des dizaines de personnes se sont rassemblées devant le palais de justice de Damas à l’annonce des condamnations. Certaines portaient des photographies de proches tués, disparus ou détenus sous l’ancien pouvoir.
Le verdict intervient alors que les autorités de transition ont fait de la poursuite des responsables des crimes commis pendant les années de guerre l’une de leurs priorités. La Commission nationale syrienne pour la justice de transition a qualifié la condamnation d’Atef Najib de « jalon important » dans la mise en cause des responsables des crimes majeurs.
500 000 morts
Des organisations de défense des droits humains ont toutefois exprimé des réserves sur le recours à la peine capitale. Human Rights Watch a notamment rappelé son opposition à la peine de mort et souligné l’importance de garantir des procès équitables et d’installer un système judiciaire durable.
La guerre civile syrienne avait éclaté en 2011 après la répression de manifestations prodémocratie, dans le contexte des Printemps arabes. Le conflit a fait plus d’un demi-million de morts et provoqué le déplacement de millions de personnes. Des dizaines de milliers d’autres ont également disparu, notamment dans les prisons contrôlées par les autorités de l’ancien régime.
La chute de Bachar al-Assad en décembre 2024 a mis fin à plus de cinq décennies de pouvoir de la famille Assad. Bachar al-Assad avait succédé à son père, Hafez al-Assad, en 2000.
Avec AFP















