Tensions sur les quais. L’arrivée quasi-simultanée ce mercredi du tanker Sunda One, transportant 63 000 m3 de gasoil importés par l’Etat, et du navire régulier du Groupement pétrolier de Madagascar (GPM), la Torm Eva, expose la chaîne d’approvisionnement nationale à des difficultés logistiques majeures. Selon le GPM, le navire affrété dans le cadre de son programme d’approvisionnement sera “impossible à décharger” dans l’immédiat, sachant que “l’Etat a réquisitionné les capacités de stockage du terminal pétrolier de Toamasina par décret pris le 4 août”.
Evoquant une importation destinée à “assurer la continuité, la régularité et la sécurité de l’approvisionnement du pays, et “planifiée” et “organisée conformément aux textes et procédures en vigueur”, le GPM regrette une “modification du dispositif d’approvisionnement décidée sans concertation préalable avec les opérateurs concernés”. Le groupement va jusqu’à dénoncer une “annulation”, au moins une “perturbation” qui ne manquera pas d’“affecter l’équilibre des stocks disponibles et, par conséquent, la distribution nationale, notamment en carburant sans plomb et en pétrole lampant”.
Deux risques majeurs sont alors soulevés, les coûts financiers et les blocages. Dès que la capacité totale disponible est atteinte, l’impossibilité de décharger simultanément les navires entraînera des frais de surestaries qui alourdissent mécaniquement le coût final des produits. Pour le GPM, la priorité accordée au gasoil de la SPM et le fait de différer le déchargement des autres produits du GPM, créeront des tensions sur le sans-plomb et le pétrole lampant dans les réseaux de distribution nationaux.
Se disant “mobilisés afin d’assurer leurs missions et de contribuer dans le cadre des moyens dont ils disposent, à la continuité de l’approvisionnement du marché”, le GPM et ses membres, n’en préviennent pas moins qu’ils “ne pourraient être tenus responsables des conséquences éventuelles de décisions modifiant unilatéralement un dispositif d’approvisionnement préalablement planifié”. Ils soulignent qu’une “concertation préalable entre l’État, les opérateurs du secteur et l’ensemble des parties prenantes aurait permis d’anticiper ces contraintes et d’identifier les solutions les plus adaptées pour préserver la sécurité énergétique du pays ainsi que la continuité de l’approvisionnement du marché”.















