Antananarivo, 20 Avril, 15h10 – Pour davantage de contributeurs. « Parler de la contribution du secteur minier sur l’économie ne se limite pas seulement au relèvement de la fiscalité de ceux qui sont déjà implantés. Ceci passe aussi par l’entrée en opération de nouveaux grands projets ». Les propos sont du président de la Chambre des mines, Jean Luc Marquetoux, qui s’est exprimé sur le sujet en marge de la consultation des parties prenantes relatives à la finalisation du décret d’application du code minier, la semaine dernière.
Pour Jean-Luc Marquetoux, le périmètre du secteur minier à Madagascar n’a quasiment pas évolué depuis une dizaine d’années. “Il n’y a pas eu de grand projet industriel qui entrait en opération depuis Ambatovy en 2012”, fait-il remarquer. Aussi sur ces dernières années, les contributions au PIB du secteur minier ont oscillé autour de 4 à 6%. Elles étaient entre 30 et 35% pour les exportations bien que les produits miniers aient été les premiers produits d’exportation nationale en 2023, selon les statistiques de l’administration douanière. En termes de contributions fiscales, le secteur extractif se situe aux alentours de 2%, rapporte le président de la Chambre des mines.
« Or au-delà de ces données, il faut essayer d’apprécier ce que pourraient être les contributions du secteur minier dans le temps, avec l’émergence de nouveaux projets », lance Jean-Luc Marquetoux. Il reprenait l’étude faite par la Banque africaine de développement (BAD) qui anticipait que ce secteur pourrait contribuer à près de 15% du PIB. « Il faut pour cela de nouveaux projets, dont les plus emblématiques sont Base Toliara ou encore les projets de graphite dans le Sud de Madagascar », avance-t-il.
L’Etat avait déjà fait part de sa volonté de miser sur le potentiel minier du pays. Une vingtaine de projets miniers, dont des grands projets industriels et des exploitations de taille moyenne, devraient être ouverts d’ici cinq ans selon sa Politique générale (PGE). Le déblocage pour cette année de tous les projets en cours d’exploitation avait aussi été annoncé et deux grands projets miniers devront déjà ouvrir cette année selon ce qui a été indiqué lors de la présentation de cette PGE.
Madagascar avait été au début des années 2000 un pays très attractif en termes d’investissement minier, d’après le président de la Chambre des mines. “Il y avait des dizaines de compagnies juniors qui étaient venues à Madagascar pour solliciter des permis miniers et qui ont commencé des travaux d’exploration et de recherches. Il ne reste aujourd’hui que quelques survivants de cette époque”, indique-t-il.
Jean-Luc Marquetoux fait par ailleurs part que la perception de la Grande île sur la scène internationale reste très mitigée. Il regrette alors qu’il n’y ait pas suffisamment d’efforts déployés par l’Etat pour faire la promotion de Madagascar, avec son absence aux grandes conférences minières qui comptent dans le monde comme le Mining Indaba à Capetown, la PDAC au Canada ou encore l’Africa Down Under en Australie.
