INVESTISSEMENTS – L’Etat s’attend à plus de prudence et d’attentisme du secteur privé avec l’incertitude qui s’installe

Antananarivo, 1er Juillet, 17h22 – Un climat morose qui pourrait perdurer. L’Etat s’attend à plus de prudence et d’attentisme du secteur privé, dans son analyse des investissements dans le Projet de loi des finances rectificative (PLFR) 2022. Il est expliqué dans ce document que l’évolution du contexte international influe sur les perspectives locales. « L’incertitude née de la crise en Ukraine et les conséquences qui en résultent couplées aux effets néfastes de la crise sanitaire pourraient inciter les investisseurs » à adopter cette posture.
La prudence est de mise, souligne un chef d’entreprise locale. « Plusieurs risques sont à considérer avec l’incertitude qui s’installe. Nous attendons ainsi un signal fort de la part de l’Etat dans l’amélioration du climat des investissements pour nous permettre ne serait-ce que de maintenir nos activités à leur niveau actuel », lance-t-il.
Lors de son passage sur 2424.mg la semaine dernière, la représentante de la Banque mondiale, Marie-Chantal Uwanyiligira, avait aussi souligné justement que le « secteur privé peut tout gérer sauf l’incertitude ». Aussi, si à travers le dialogue, « le secteur public parvient à créer un cadre qui donne la certitude, le secteur privé va bouger et gérer tous les autres risques », avait-elle exposé, en soulignant que Madagascar dispose de secteurs à fort potentiel qui peuvent amener la croissance.
Pour cette année, l’Etat prévoit dans la PLFR que l’investissement global devrait atteindre 21,2% du PIB. Les investissements privés y contribuent à hauteur de 11,7% et les investissements publics à 9,5%. Par ailleurs l’Etat estime dans ce document que l’envolé des cours mondiaux des produits miniers est une « incitation pour le développement des exportations de minerais stratégiques », comme le graphite. L’orientation politique du gouvernement en faveur de l’autosuffisance alimentaire offre également la porte aux investissements dans l’agribusiness et l’agroalimentaire.