JIRAMA – 150 millions de dollars de perte l’année dernière, selon la Banque mondiale

Antananarivo, 7 Juin, 11h15 – Un déficit de vente de 0,11 dollar par kWh pour un coût de production moyen de 0,24 dollar par kWh. Pour une production annuelle d’électricité de 1 900 GWh, avec 28% de pertes techniques et un taux de récupération de 98%, la Jirama avait perdu 150 millions de dollars soit environ 604 milliards d’ariary l’année dernière. Ces chiffres sont rapportés dans le document sur le Cadre de partenariat pays (CPF) 2023-2027 qui lie le Groupe de la Banque mondiale et Madagascar.

 

L’Institution de Bretton Woods soutient que les transferts gouvernementaux d’environ 100 millions de dollars par an à sa société énergétique ne permettent plus à la Jirama de maintenir sa viabilité financière. Alors que cette compagnie avait atteint le seuil de rentabilité en 2009, d’après ce qui y est rappelé.

 

Dans son document, cette institution de Bretton Woods met en évidence des coûts de production d’électricité élevés pour justifier la situation. La Banque mondiale soutient que la dépendance de la Jirama à l’égard des carburants coûteux pour environ la moitié de sa production d’électricité est symptomatique de son incapacité à développer des ressources nationales à moindre coût, telles que l’énergie hydraulique et solaire. Les producteurs d’électricité indépendants lui fournissent plus de 55 % de sa production. Or la Banque mondiale soutient que ceci se fait dans le cadre de contrats d’achat d’électricité négociés directement à des conditions qui ne sont pas toujours favorables à la compagnie nationale.

 

Des réformes dans le secteur de l’énergie peuvent être menées, comme l’expose cette institution financière, avec une approche à trois niveaux. Dans le premier scénario, le pays peut entreprendre une réforme de l’ensemble du secteur. Elle comprend entre autres l’accélération de l’accès à l’électricité dans les zones rurales par le développement des activités de densification et d’extension du réseau, les mini-réseaux et les solutions hors réseau.

 

La Banque mondiale parle également « d’orienter la transition énergétique en s’éloignant des combustibles fossiles importés et coûteux ». Il faudra aussi « approuver les réformes clés nécessaires pour relever les défis de gouvernance et l’interface de la Jirama avec le secteur privé », indique-t-elle. Et reformer l’ensemble du secteur nécessite le renforcement des capacités des institutions clés et la sensibilisation des opérateurs d’électrification rurale, poursuit-elle encore.

 

Le pays peut également choisir une réforme partielle du secteur. Ce deuxième scénario consiste en la mise en œuvre de réformes axées sur le développement de l’accès à l’électricité dans les zones rurales par le biais de produits hors réseau et de mini-réseaux, y compris l’externalisation des services de la Jirama dans les réseaux isolés, tout en réduisant ses investissements directs ou ses actifs. Cela pourrait inclure des réformes sur la réglementation et le renforcement des capacités dans le secteur, le développement avec l’Agence pour le développement de l’électrification rurale (Ader) et le secteur privé de mini-réseaux dans les zones rurales, ainsi que l’expansion du marché solaire hors réseau dans les zones éloignées et isolées.

 

Ou le pays peut tout simplement décider de n’entreprendre aucune réforme du secteur. La Banque mondiale insiste toutefois que la viabilité financière et la base d’actifs de la Jirama sont fortement menacées dans un scénario de maintien du statu quo sans réforme substantielle. L’expansion de l’accès devrait également rester lente et incapable de suivre la croissance de la population.