Plus de détails sur le dossier de détournement de fonds dans lequel la députée Marie Michelle Sahondrarimalala est soupçonnée. Le dossier en question, concernant une “affaire d’abus de pouvoir et de détournement d’un fonds de 833 236 600 ariary dans le cadre de l’achat de tables-bancs scolaires pour des établissements “manara-penitra” est passé devant le parquet du pôle anticorruption (PAC) d’Antananarivo lundi. Sur les neuf personnes soupçonnées, cinq ont été placées en détention préventive, trois autres n’ont pas comparu, tandis que l’ancienne ministre de l’Education nationale est renvoyée devant la Cour suprême en raison de son statut, comme le précise le communiqué du PAC.
Selon le document publié lundi soir par le ministère de la Justice, trois sociétés sont également concernées par la procédure. Outre les charges d’abus de pouvoir et de détournement de fonds, les poursuites portent également sur des soupçons “d’octroi d’avantages injustifiés, de blanchiment de capitaux, de faux et usage de faux, de complicité et de prise illégale d’intérêts”, précise encore le communiqué.
Le PAC rapporte des passations de marché de gré à gré non conformes aux règles applicables aux marchés publics. Il évoque également des suspicions de cumuls de fonctions dans lesquels une seule personne endossait les fonctions d’autorité contractante, d’ordonnateur secondaire, de personne responsable des marchés publics, de gestionnaire d’activités et de président de la commission de réception et de paiement.
Le parquet du PAC relève par ailleurs que plusieurs personnes mises en cause auraient signé des procès-verbaux attestant de la réception des tables-bancs, alors que ces documents sont considérés comme frauduleux dans le cadre de l’enquête. Les investigations portent également sur l’utilisation présumée de prête-noms dans la gestion de certaines sociétés impliquées.
Selon le PAC toujours, les quelque 833,2 millions d’ariary présumés objets de détournement correspondraient à 1 841 tables-bancs qui n’auraient pas été livrés sur les 18 399 tables bancs commandés et payés par l’Etat. “Seuls 16 558 tables-bancs ont été confirmés livrés”, souligne son communiqué.
En janvier 2026, alors que Marie Michelle Sahondrarimalala venait d’être entendue par le parquet général de la Cour suprême dans le cadre d’un dossier d’atteinte à la sûreté de l’Etat, la ministre de la Justice Fanirisoa Ernaivo avait soulevé que “l’ancienne ministre est également impliquée dans une affaire de détournement de fonds publics au sein du ministère de l’Éducation nationale”. Placée en détention préventive à la prison d’Avaradrano sur un dossier relatif à des menaces de déstabilisation, elle avait été entendue par l’Inspection générale de l’Etat dans ses locaux en mars 2026 pour le dossier de détournement de fonds.
