JUSTICE – Séance tendue de présentation des pièces à conviction pendant le procès « Apollo 21 » ce mardi

Antananarivo, 14 Décembre, 19h15 – Nouvelles escarmouches lors du septième jour du procès « Apollo 21 ». La présentation des pièces à conviction a fait bondir certains accusés dans la salle d’audience de la Cour criminelle ordinaire (CCO), ce mardi au palais de Justice à Anosy.

La fin de journée a été animée, au moment de la présentation des pièces à conviction saisies chez Paul Rafanoharana, le principal accusé. La liste ne contient aucun élément et les pièces ne sont pas présentées à la Cour. Paul Rafanoharana affirme n’avoir signé aucun procès-verbal de saisie alors que la présidente de la Cour évoque l’existence d’un procès-verbal indiquant le transfert de la somme d’argent saisie « aux autorités compétentes ».

Les avocats de la défense montent au créneau pour dénoncer l’absence des pièces, qu’ils considèrent comme étant un élément central dans l’accusation. La défense parle de l’ordinateur, de téléphones et d’autres matériels électroniques appartenant à Paul Rafanoharana. Le ton est monté d’un cran entre le ministère public et la défense avant que la présidente de la Cour intervienne.

Certains accusés dénoncent ce qu’ils considèrent comme étant des « grossièretés ». L’un d’entre-eux parle d’« impossibilité d’accéder à des preuves à décharge ». Il déplore l’absence d’un ordinateur parmi les pièces présentées et fustige une « manipulation » des documents comme ceux dans une clé usb.

Pour sa part, un autre accusé signale la suppression de l’application WhatsApp sur son téléphone qu’il affirme pourtant être un élément essentiel pour sa défense par rapport à ses correspondances avec d’autres accusés. Un autre affirme n’avoir pas vu son agenda personnel même si celui-ci ne contient pas d’élément relatif au procès. Enfin, un autre accusé affirme avoir oublié le mot de passe de son téléphone lors de la présentation des pièces alors qu’il avait indiqué l’appareil comme étant une source d’informations à décharge pour lui.

Le ministère public est intervenu pour indiquer la possibilité de présenter les autres pièces lors de la reprise de la séance ce mercredi. Dans la matinée, il tente de clarifier sa responsabilité concernant les pièces à conviction.

Ce n’est pas la première fois que les échanges sont vifs autour des éléments de preuve, à charge ou à décharge, durant ce procès. Le ministère public avait déjà signalé son rôle, à savoir l’exploitation des documents rassemblés lors de l’enquête.

Vingt personnes sont, entre autres, accusées d’association de malfaiteurs en vue d’attenter à la vie du président de la République criminelle, et de renverser le gouvernement. Des hauts gradés, des ressortissants étrangers, se trouvent sur le banc des accusés. L’audience va reprendre ce mercredi.