Antananarivo, 29 Octobre, 13h05 – La probabilité d’un risque d’instabilité politique résultant d’un mécontentement de la population à l’égard des pouvoirs publics avait déjà été jugée « élevée » par le Fonds monétaire international (FMI). Cette indiquétude figurait dans la Matrice d’évaluation des risques (MER) établie par cette institution de Bretton Woods dans le cadre de la quatrième revue du programme sur la Facilité élargie de crédit (FEC), dont le rapport en français a été publié au mois de septembre .
En réponse aux incidences en cas de concrétisation de ce risque, le FMI avait recommandé aux autorités malgaches de maintenir des politiques macroéconomiques appropriées afin de préserver la stabilité. Celles-ci sont également appelées à axer les réformes sur des domaines moins sensibles à la situation sociopolitique et à améliorer l’inclusivité des politiques publiques. Cette institution financière recommande parallèlement à l’Etat l’utilisation d’une partie de la marge de manœuvre budgétaire pour l’accroissement des investissements en faveur des programmes sociaux ainsi que l’intensification de la lutte contre la corruption, le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme.
Dans sa Matrice d’évaluation des risques, le FMI explique que « les chocs au niveau de l’offre, une inflation élevée, la baisse des salaires réels et les retombées des crises dans d’autres pays aggravent les inégalités, engendrent des troubles sociaux et sont à l’origine de pressions financières et de politiques populistes néfastes ». Et c’est une situation qui « aggrave les déséquilibres, ralentit la croissance et provoque une revalorisation des prix du marché », explique cette institution.
L’instabilité politique pourrait alors « résulter d’un mécontentement de la population à l’égard des pouvoirs publics ». Ce mécontentement découlerait des crises humanitaires et sanitaires à répétition, de l’inflation élevée, de la crise alimentaire actuelle et de la criminalité et du banditisme largement répandus qui provoquent des troubles sociaux.
Le FMI avait déjà avancé que « les protestations pourraient se multiplier, alimentées par la polarisation politique à l’approche des élections de novembre 2023 et par l’aggravation des tensions socioéconomiques ». Et le Fonds d’ajouter que «la volatilité pourrait se poursuivre pendant la période postélectorale à la suite de contentieux électoraux, perturbant le programme de réforme et exerçant de fortes contraintes sur le budget ».
La Matrice d’évaluation des risques (MER) reflète l’avis des services du FMI sur les sources des risques et sur le niveau général de préoccupation qu’ils suscitaient lors des échanges avec les autorités. Les chocs et le scénario conjoncturels mettent en évidence les risques qui pourraient se réaliser à un horizon plus court, entre 12 et 18 mois. Les risques structurels sont ceux qui resteront probablement importants à plus long terme, d’après le FMI.
