Antananarivo, 15 Mai, 10h10 – Un facteur pénalisant. Le mauvais état des routes est avancé par la Banque mondiale comme l’une des causes du déclin de la productivité rurale. Il a pour impact de fragiliser les revenus des agriculteurs et contribue également à la pauvreté rurale. C’est un des points soulevés par des spécialistes de cette institution de Bretton Woods dans leur publication intitulée « Créer des ponts et améliorer l’accès des agriculteurs aux innovations, aux terres et aux marchés dans les zones rurales de Madagascar », publiée la semaine dernière.
Il est exposé dans cette publication que l’indice d’accès rural de Madagascar n’est que de 11%. Un taux qui est parmi le plus bas au monde, dans cette mesure de la part de la population rurale vivant à moins de deux kilomètres d’une route praticable en toute saison. La densité routière de la Grande île n’est pas non plus la plus étendue. Seuls 6 000 kilomètres de routes sont goudronnés sur un total de 32 000 kilomètres du réseau routier du pays. Cette publication de la Banque mondiale fait remarquer que bien que Madagascar soit plus grande que la France en termes de superficie, la densité routière n’est que de 6,4 kilomètres pour 100 km² pour le premier contre 191,6 kilomètres pour le second pays pris en comparaison.
Pour ces spécialistes, « ce manque d’infrastructures empêche de nombreuses communautés agricoles rurales isolées d’accéder aux intrants et aux services agricoles et d’acheminer leurs produits vers les marchés ». Ils estiment alors que « l’amélioration de l’infrastructure est essentielle pour aider les communautés rurales à accéder aux services d’intrants et aux marchés ». Ils ajoutent que « de meilleures routes leur permettent également de vendre leurs produits plus facilement et à un meilleur prix, ce qui augmente leurs revenus et leur rentabilité ».
Dans cette publication, ces spécialistes de la Banque mondiale ont mis en avant les retombées de la réhabilitation des infrastructures routières sur la vie des communautés. Le pont de Nosibe dans le nord-ouest de la ville de Toamasina, enjambant le bassin supérieur de la rivière Ivoloina, avait par exemple été gravement endommagé en 2004, isolant les communautés dans cette zone de l’Est. Il y est rapporté que ce sont les agriculteurs de l’autre côté de la rivière qui ont le plus souffert. Ils se sont alors tournés vers des pirogues traditionnelles en bambou et des barges de fortune pour transborder leurs produits de l’autre côté de la rivière.
La situation sur place s’est en tout cas améliorée en 2024, avec l’inauguration par le gouvernement d’un nouveau pont en remplacement de l’ancien. Une reconstruction qui a été financée par le projet Croissance agricole et sécurité foncière, un projet du gouvernement de Madagascar bénéficiant de l’appui de la Banque mondiale.
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