Antananarivo, 21 Octobre, 8h03 – Madagascar a enregistré 396 millions de dollars d’entrée d’Investissements directs étrangers (IDE) en 2022. Ce qui constitue une hausse par rapport à son niveau en 2021, durant laquelle le pays a comptabilisé 358 millions de dollars d’IDE. Ce flux d’IDE entrants est cependant en dessous des 474 millions de dollars reçus par la Grande île en 2019. Ces chiffres sont inscrits dans le Rapport sur l’investissement dans le monde 2023, de la Conférence des Nations-Unies sur le commerce et le développement (Cnuced).
⭕L’IDE se définit comme un investissement réalisé par une entité résidente d’une économie, dans le but d’acquérir un intérêt durable dans une entreprise résidente d’une autre économie. Pour ce qui est du stock d’IDE entrant, c’est-à-dire les investissements directs détenus par des non-résidents, il était passé de 4,383 milliards de dollars en 2010 à 8,696 milliards de dollars en 2021 pour se situer à 9, 092 milliards de dollars en 2022, rapporte la Cnuced.
⭕Les 396 millions de dollars enregistrés en 2022 sont largement en deçà du niveau d’IDE de 2008 qui était à 1,392 milliards de dollars. Un record qui, d’ailleurs, est resté « inégalé », comme le souligne le Système des Nations-Unies (SNU) dans sa Vision prospective de Madagascar.
⭕Dans ce document, le SNU soutient que les entrées d’IDE à Madagascar ont été très faibles sur la période 1990-2005. Ceci du fait de l’instabilité politique récurrente des années 1991, 1993, 1999 et 2002. Ces flux ont cependant connu une hausse vertigineuse de plus de 372% de 2006 à 2008 en lien notamment avec le retour de la paix sociale et la reprise économique après la crise électorale de 2002. Toutefois, le niveau des IDE entrants s’est à nouveau replié à partir de 2009, passant de 1269,4 millions de dollars à 313,68 millions de dollars en 2014, soit une contraction de 75,2% expose le Système des Nations-Unies.
⭕Une amélioration des flux net d’IDE a néanmoins été enregistrée sur les cinq dernières années, bien qu’ils soient en deçà du niveau de 2008. Une situation qui, pour le SNU, traduit un regain de confiance de la part des investisseurs étrangers dans la destination Madagascar. Mais le Système des Nations-Unies estime qu’en dépit de cette évolution favorable, la Grande île se classe parmi les pays les moins attractifs au regard du niveau des flux investissement directs étrangers entrants dans cette économie.
⭕L’Economic development board of Madagascar (EDBM) avait indiqué, en marge du Business forum des régions à Toamasina au mois d’avril, sa décision de s’orienter vers une promotion ciblée des opportunités d’investissements. Ce, à travers la définition des stratégies sectorielles plus cohérentes, en matière d’attraction et de ciblage d’IDE et d’Investissements directs nationaux (IDN), dans une démarche orientée résultats. Cette agence de promotion des investissements avait d’ailleurs annoncé le renforcement des actions de facilitation des IDE au même titre que la rétention des IDN.
⭕L’île Maurice, la Chine, les Pays-Bas et la France figurent parmi les principaux investisseurs à Madagascar. Les principales opportunités d’investissement concernent pour leur part les secteurs des mines, des infrastructures, du textile, de l’énergie, du tourisme et de l’agro-industrie. Si au cours de la première moitié des années 2000, les flux d’IDE entrants de la Grande île étaient principalement orientés vers l’exploitation minière, ils s’orientent de plus en plus, à présent, vers le secteur de l’agroalimentaire selon le SNU.
