Antananarivo, 29 Novembre, 9h50 – « Des priorités incompréhensibles dans cette conjoncture post-Covid première vague ». L’expression est du mouvement de la société civile Rohy qui dénonce que le gouvernement ait « choisi d’avantager fortement des ministères qui ne semblent a priori pas prioritaires dans les augmentations de budget du projet de loi de finances initiale de 2021 ». Il regrette notamment les hausses « importantes » et « exceptionnelles » dont bénéficient le ministère de la Jeunesse et des sports et le ministère des Postes, de la télécommunication et du développement numérique.
⭕️« Au niveau des ressources propres internes, le ministère de la Jeunesse et des sports bénéficie de la hausse la plus importante », souligne le mouvement au cours d’une conférence de presse, samedi, évoquant un taux de +150,8%. Le mouvement met en avant le budget en investissements internes de ce ministère qui s’élève à 128,9 milliards d’ariary. « Ce qui représente près de 90% du budget en investissement du ministère de l’Education nationale et 57% de plus que celui de la Santé », déplore-t-il. Il ne manque pas de soulever que dans le projet de budget de 2021, « 118,9 milliards d’Ariary sont prévus pour l’appui au développement du sport de haut niveau ».
⭕️Quant au ministère des Postes, de la télécommunication et du développement numérique, la plateforme Rohy souligne la hausse exceptionnelle de 998,5% dont bénéficie ce département au niveau des financements externes. De 3,634 milliards d’ariary dans la loi de finances initiale de 2020, le budget d’investissement externe du département d’Andriamanohisoa Ramaherijaona est prévu s’élever à 39,847 milliards d’ariary dans la loi de finances initiale de 2021. Une hausse qui fait passer son budget total de 14,243 milliards d’ariary en 2020 à 45,914 milliards d’ariary en 2021.
⭕️Pour le département dirigé par Roberto Tinoka Raharoarilala, le budget prévu pour 2021 est plus de deux fois plus élevé que celui de 2020. Il passe de 71,654 milliards d’ariary dans la loi de finances initiale de 2020 à 159,863 milliards d’ariary dans le projet de loi de finances initiale de 2021.
⭕️A côté de ces « augmentations jugées non prioritaires », le mouvement Rohy regrette « l’augmentation minime du budget des secteurs sociaux avec une hausse de 8% en considérant les valeurs nominales et 1,3% en valeurs réelles », alors que « le gouvernement réaffirme la priorisation du budget des secteurs sociaux », ajoute-t-il.
⭕️Le budget des départements de l’Education nationale et de l’enseignement technique et professionnel était de 1345,371 milliards d’ariary dans la loi de finances initiale de 2020 quand ils étaient regroupés dans un seul ministère. Les deux départements cumulent à peine 1478,489 milliards d’ariary dans le projet de loi de finances initiale de 2021, soit une hausse de moins de 10%.
⭕️Au ministère de la Santé publique, l’augmentation du budget est de 13%, celui-ci passant de 676,033 milliards d’ariary dans la loi de finances de 2020 à 763,722 milliards d’ariary dans le projet de budget de 2021. Le mouvement Rohy parle même d’une baisse de 10% du budget de fonctionnement du département de la Santé publique, alors qu’un « budget de fonctionnement suffisant est ce qui permet aux entités d’assurer un service de qualité minimum aux usagers », estime-t-il.
?Les initiatives saluées par la plateforme de la asociété civile Rohy se limitent à l’augmentation du budget de fonctionnement des communes et des directions régionales de santé, ainsi que la prise en charge partielle des charges parentales pour l’éducation et l’augmentation des salaires du ministère de l’Eau, de l’assainissement et de l’hygiène. Ce dernier département dont le budget de fonctionnement déjà insuffisant n’a pourtant bénéficié d’aucune hausse, déplore encore la plateforme.
Photo : Mouvement Rohy
