Antananarivo, 7 juillet, 18h15 – Des dispositions attendues. L’Union européenne fait part de son intention de contribuer « basket fund », ou fonds commun, pour financer les élections à Madagascar. La déclaration d’intention est assortie de « quelques conditions (…) [à] remplir », au-delà de l’attente du décret de convocation des électeurs pour la présidentielle par le gouvernement.
« L’ambassadrice de l’Union européenne [Isabelle Delattre Burger] a insisté sur (…) la liberté d’expression et de réunion en ligne avec les engagements internationaux de Madagascar », rapporte le communiqué de l’UE, paru sur la sa page Facebook, vendredi. C’est un « point qui nous est très cher », avait indiqué Isabelle Delattre Burger, lors de la cérémonie de la déclaration d’intention de l’Union européenne au siège de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) jeudi. Il s’agit de la « garantie de la liberté d’expression, de la liberté de manifestation, et de la liberté de la presse ».
Le communiqué fait également part de l’« autonomie financière de la CENI ». Le point sur le « transfert de crédits additionnels par le Gouvernement couvrant l’ensemble des besoins restants pour l’organisation de l’élection présidentielle », a été mis en exergue.
L’UE et ses états membres affirment compter sur un « dialogue et un suivi régulier du processus ». Ce mécanisme devrait assurer, « entre autres, la mise en place de la formation non permanente de la CENI et la publication des résultats pour chaque bureau de vote ».
Jeudi, Isabelle Delattre Burger avait indiqué une « condition [qui] est très importante pour garantir la démocratie à Madagascar ». L’UE attend que « les organes tels que le Haut conseil pour la défense de l’Etat de droit et de la démocratie (CDDED) ou encore la Commission de vérification du financement de la vie politique (CVFVP) (…) auront les moyens de leurs actions », lance la diplomate. Elle insiste sur « l’application du cadre légal qui existe à Madagascar sur la transparence des fonds ce campagne ». « Là aussi, nous serons attentifs que les lois soient dûment appliquées », souligne-t-elle, faisant référence à la nomination d’un trésorier de campagne ou l’accès aux informations sur le mouvement des fonds.
Le communiqué parle de « recommandations que la mission d’observation électorale de l’UE en 2018 a jugé essentielles pour améliorer la confiance de toutes les parties prenantes envers le processus ». « Le progrès sur ces questions est nécessaire pour que l’Union européenne puisse finaliser sa participation financière au « Basket Fund » électoral », précise le communiqué.
L’UE et la France avaient fait part de leur intention de débloquer chacune un million d’euros pour le fonds commun pour financer le processus électoral. A cette somme, équivalant à peu près à dix milliards d’ariary, devrait s’ajouter une autre contribution allemande, dont le montant n’est pas encore fixé.
A ce jour, la CENI, qui avait proposé la date du 9 novembre pour le premier tour et le 20 décembre pour le second tour de la présidentielle, devrait compter sur les 40 milliards d’ariary, prévus dans le budget de l’Etat, sur un budget total estimé à quelque 80 milliards d’ariary. Elle avait indiqué la prise en charge de certaines tâches par le gouvernement et la promesse du pouvoir central de recourir à un décret d’avance en cas d’écart.
