Madagascar célèbre la vingtième année de son adhésion à la convention des Nations Unies contre la corruption

Antananarivo, 8 Décembre, 18h30 – 10 décembre 2003 – 10 décembre 2023. Il y a 20 ans Madagascar fut l’un des premiers pays à signer la Convention des Nations Unies contre la corruption (CNUCC). 20 ans après, les autorités notent cependant que beaucoup d’efforts restent encore à faire même si de nombreuses étapes ont déjà été franchies. Selon le dernier classement de l’indice de perception de la corruption, Madagascar se trouve à la 142ème place sur 180 pays.

 

 

“Cela fait 20 ans qu’on lutte contre la corruption, (…) par rapport aux objectifs qu’on s’est fixés, on est encore loin des ambitions affichés”, confie Laza Andrianirina, directeur général du Bureau indépendant anti-corruption (Bianco) dans une vidéo partagée à la presse à l’occasion de la journée internationale de lutte contre la corruption. “On a vu la limite de nos actions” ajoute-t-il.

 

En 20 ans, le système anti-corruption de Madagascar a énormément progressé. Actuellement les cinq entités qui composent le SAC sont au complet avec l’opérationnalisation récente de l’Agence de recouvrement des avoirs illicites (Arai). Pour pouvoir progresser dans la lutte, les différentes agences réorientent leur stratégie vers plus d’efficacité. “Au niveau du Bianco depuis 2019, on a adopté le nouveau mode opératoire faire faire”, confie son directeur general. Cela consiste à associer à la lutte tous les acteurs, notamment la gendarmerie ou la police.

 

 

Les entités qui luttent contre la corruption notent qu’il y a encore beaucoup de défis qu’il faut relever que ce soit au niveau national ou international. “La corruption s’est mondialisée tout comme la lutte” indique Sahondra Rabenarivo, président du Comité pour la sauvegarde de l’intégrité (CSI). “Les richesses gagnées à partir de l’exportation des richesses naturelles sont cachées à l’étranger. Les richesses mal acquis à l’étranger sont blanchies chez nous”, indique-t-elle.

 

Il y a aussi les problèmes liés au financement de la lutte. “On constate qu’il y a une insuffisance des ressources allouées aux actions anti-corruption à Madagascar”, ajoute Laza Andrianirina. “Si on compare aux normes internationales, le budget alloué à la corruption doit être de l’ordre de 0,3% du budget national” , explique-t-il.

 

Cette année encore, Madagascar va participer à la Conférence des États parties à la Convention des Nations Unies contre la corruption ou la COSP 10. Cet évènement qui se déroule tous les deux ans va se tenir à Atlanta aux Etats Unis du 11 au 15 décembre. Il a pour but de discuter des progrès dans la mise en œuvre de la CNUCC, de partager les bonnes pratiques et renforcer la coopération internationale mais aussi d’examiner les questions liées à la lutte contre la corruption à l’échelle mondiale.

 

Retrouvez I’actualité à Madagascar sur notre site web www.2424.mg