MANIFESTATIONS – Fidèle Razara Pierre évoque « une stratégie » derrière l’absence des députés dans le Centre-ville, samedi

Antananarivo, 22 Février, 9h00 – Les députés de l’opposition disent avoir voulu que « les choses se fassent de façon pacifique », samedi. C’est, en tout cas, les motifs qu’ils avancent pour expliquer qu’ils n’aient pas été aperçus sur le terrain dans le Centre-ville, alors que certains de leurs partisans sont venus sur place. « Notre absence sur place est une question de stratégie », soulève Fidèle Razara Pierre, député élu à Ambatondrazaka, joint au téléphone dimanche. L’idée était « qu’il n’y ait ni troubles ni casse », poursuit-il, restant discret sur la suite du mouvement.
Hanitra Razafimanantsoa, député élue dans le premier arrondissement de la capitale, insiste elle aussi sur le fait qu’il n’y ait eu « aucune perte en vie humaine, même s’il y a eu des blessures et des arrestations ». Elle met également en avant ce qu’elle qualifie de « dictature et de violation des droits fondamentaux, comme la liberté d’aller et venir dans notre pays, la liberté d’opinion et d’expression, la liberté de manifestation, la liberté d’information et d’être informé ainsi que la liberté de s’habiller et de porter la couleur qui nous convient ».
Dénonçant ce qu’elle indique être un « usage de la force et une instrumentalisation des forces de l’ordre comme forces de répression », Hanitra Razafimanantsoa soulève, sur son compte Facebook, que « ce qui s’est passé samedi est une honte pour les dirigeants ». « C’est comme si le pays était en guerre », ajoute-t-elle.
Samedi, les députés de l’opposition élus à Antananarivo avaient indiqué vouloir effectuer « un rapport de leurs activités parlementaires » à Ambohijatovo, ou à défaut sur la Place du Treize Mai. Les autorités centrales ne leur ont pas donné l’autorisation de manifester dans le Centre-ville, leur octroyant plutôt le terrain vague de Soamandrakizay.
Devant l’insistance de l’opposition à convier leurs partisans dans le Centre-ville, la circulation menant vers Ambohijatovo et Analakely a été coupée et des éléments des forces de l’ordre ont été déployés sur le périmètre afin d’empêcher toute manifestation. Des sympathisants du mouvement « Miara-manonja » lancé par les députés se sont attroupés sur certains points aux environs d’Analakely samedi. Une douzaine d’individus ont, par ailleurs, été interpellés pour manifestation sans autorisation et atteinte à la sûreté intérieure de l’Etat, entre autres.
Photo d’illustration