MEDIAS – L’ambassade des Etats-Unis invite le gouvernement à se concentrer sur la promotion de la transparence à l’occasion de la journée mondiale de la liberté de la presse

Antananarivo, 3 Mai, 9h35 – Les Etats-Unis estiment que « la transparence et la redevabilité du gouvernement sont essentielles pour une réponse efficace à la Covid-19 ». A l’occasion de la journée mondiale de la liberté de la presse et en cette période de pandémie, l’ambassade américaine à Madagascar appelle ainsi le gouvernement à « se concentrer sur la promotion de la transparence et à protection de la santé publique ».
Elle regrette avoir observé « tout au long de la pandémie, des
gouvernements du monde entier imposer des déclarations et des lois d’urgence pour faire taire ou harceler les membres des médias, de la société civile, de l’opposition ou des groupes marginalisés ». Elle déplore également que des autorités utilisent les lois sur la diffamation pour restreindre le débat public, poursuivre les journalistes pour avoir critiqué les performances du gouvernement et faire pression sur les médias pour qu’ils s’autocensurent ».
Sur le dernier classement mondial de la liberté de la presse, Madagascar se trouvait à la 57ème place, soit un recul de trois places par rapport à son classement en 2020. Outre la forte politisation des médias locaux et l’influence des hommes d’affaires et des hommes politiques possédant des organes de presse sur les médias, le classement RSF de 2021 met l’accent sur « le tour de vis sur le débat public, avec l’interdiction des interventions en direct des auditeurs et l’obligation pour tous les médias audiovisuels privés de diffuser les émissions consacrées à la pandémie sur les antennes et les ondes des médias publics ». Ces dispositions sont considérées par RSF comme mettant à mal la situation de la liberté de la presse et limitant l’accès à une information neutre et indépendante.
Récemment encore, les autorités ont suspendu, avant de réautoriser, des émissions qu’elles considéraient comme « susceptibles de troubler l’ordre et la sécurité publics et de nuire à l’unité nationale ». Il s’agit, selon le ministère de la Communication et de la culture d’une « mesure préventive autorisée par la Constitution pour empêcher les actes de déstabilisation qui pourraient fragiliser l’Etat alors qu’il affronte déjà une crise sanitaire ». Pour le ministère, « la liberté d’expression est encore bel et bien effective à Madagascar, les journalistes sont libres d’exercer leurs missions, les citoyens sont libres d’exprimer leurs opinions et la presse est libre de les relayer ».