MENACE DE CRISE ALIMENTAIRE – Les pays africains encouragés à produire leurs propres denrées, Madagascar ambitionne d’être le grenier à riz de l’Afrique et de l’océan Indien

Antananarivo, 28 Mai, 18h00 – L’Afrique peut échapper à la crise alimentaire imminente qui la guette, estime la Banque africaine de développement (BAD). Le défi peut être relevé si les pays africains parviennent à produire leurs propres denrées, soutient Akinwuni Adesina, président de l’institution financière, lors de l’ouverture des Assemblées annuelles de cette Banque à Accra. Le président de la BAD estime que l’Afrique « ne doit pas supplier pour avoir de la nourriture » car « il n’y a pas de dignité dans la mendicité ».

L’autosuffisance alimentaire est un défi que Madagascar s’efforce de relever, ambitionnant même d’être le grenier à riz de l’Afrique et de l’Ocean Indien, d’après ce qui a été déclaré lors de l’inauguration des nouvelles infrastructures du Centre national de recherche appliquée au développement rural (Fofifa), il y a quelques jours. Le président de la République, Andry Rajoelina, avait profité de cette occasion pour annoncer l’élaboration d’un Plan de développement agricole pour l’autosuffisance alimentaire, dont le lancement est prévu avant le prochain anniversaire de l’indépendance de la Grande île.

La réalité est cependant toute autre pour Madagascar qui dépend des importations. Pour le riz, la SPM (State procurment of Madagascar) remarque que le gap de production a connu des hausses ces dernières années alors que la Stratégie nationale de développement rizicole (SNDR) a été révisée. Avec la SNDR 1, le gap était de 180.000 tonnes, (et non de 180 tonnes comme indiqué sur la page Facebook de la SPM). Ce gap a explosé avec la SNDR 2 au point qu’en 2021 le pays a dû importer 500.000 tonnes de riz. Une SNDR 3 attend actuellement d’être présentée, avec un objectif de parvenir à combler cet écart entre la production locale disponible et la consommation nationale.

Le riz n’est pas le seul produit de première nécessité que Madagascar importe. On peut citer le sucre, la farine ou encore l’huile alimentaire. Comme stratégie pour la promotion de la branche de production locale, le ministère de l’Industrie, du commerce et de la consommation (MICC) mise entre autres sur la vulgarisation des zones pépinières industrielles pour satisfaire localement les besoins de la population. La retouche de la Loi sur les investissements avait également été avancée.

Par ailleurs, le conseil d’administration de la BAD avait adopté la Facilité africaine de production alimentaire d’urgence, avec une enveloppe de 1,5 milliard de dollars pour faire face à la crise alimentaire qui guette l’Afrique du fait de la guerre russo-ukrainienne. La facilité va fournir des semences agricoles à 20 millions de producteurs du continent. Les variétés concernées sont le blé, le maïs, le riz et le soja.