Antananarivo, 4 Janvier, 17h32 – Un message bien senti. Le Cardinal Désiré Tsarahazana, archevêque de Toamasina, note un paradoxe vécu par la société malgache, ciblant au passage le comportement de certains chrétiens. Il évoque également les maux qui l’empêchent de vivre en paix.
« Les chrétiens ne cessent d’augmenter en nombre, les églises pullulent à chaque coin de rue. Mais les vols, la corruption, les homicides, le détournement des biens publics, l’exportation illicite des ressources naturelles ainsi que les violences sous toutes ses formes gagnent du terrain », déplore-t-il dans son message du 1er Janvier, à l’occasion de la Journée mondiale de la paix pour l’Eglise catholique, diffusé sur la Radio-Télévision Catholique Masôva.
Le prince de l’Eglise pointe l’implication de certains chrétiens dans la commission des infractions qu’il énumère. « C’est navrant de constater la responsabilité de beaucoup de chrétiens derrière ces actes contraires aux valeurs et à la foi en Jésus Christ, notre Sauveur », assène-t-il. « Le fait d’être chrétien est devenu une couverture pour certains. Ce qu’ils font au quotidien ne reflète pas leur chrétienté », poursuit-il.
L’archevêque de Toamasina poursuit son message en touchant quelques mots sur l’insécurité, l’injustice, et l’inflation. Des situations qui frappent de plein fouet la vie quotidienne des Malgaches et qui empêchent nombreux foyers de vivre sereinement. « Il n’y aura pas de paix tant que nous ne respectons pas et ne plaçons pas au-dessus de tout la vérité, la justice et l’équité », lance le prince de l’Eglise. « Il n’y aura pas de paix tant que les biens publics et les richesses nationales ne servent pas les intérêts et le bonheur de tout le monde. Il n’y aura pas de paix tant que les valeurs communes du peuple malgache ne sont pas respectées ni honorées”, assène-t-il.
Le Cardinal Désiré Tsarahazana se réfère à l’appel à l’union sacrée prononcé par Pape François à l’occasion de la Journée mondiale de la paix pour « vaincre les problèmes et les crises dans notre vie et dans notre société ». « Donnons-nous la main pour faire régner, ensemble, la paix sur notre Ile que nous chérissons (…) Cela demande de l’humilité, de volonté de faire triompher la paix », expose-t-il, tout en insistant sur la responsabilité de tout un chacun dans cette entreprise.