MINES – Madagascar se place deuxième exportateur mondial de graphite naturel derrière la Chine, d’après la cartographie des réserves et de la production des minéraux de transition de l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives

Antananarivo, 6 Novembre, 7h12 – Deuxième fournisseur mondial. La Chine demeure le plus grand exportateur mondial de graphite naturel. Elle est suivie par Madagascar, qui exporte vers ce pays d’Asie, mais également vers l’Inde, les Etats-Unis et l’Allemagne. C’est ce qu’indique, sans préciser les volumes d’exportation, le secrétariat international de l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE) dans la cartographie des réserves et de la production des minéraux de transition qu’il a publié cette semaine.

Les ressources mondiales de graphite naturel sont estimées à 800 millions de tonnes, dont 22% en Chine et 22% au Brésil, deux pays qui ne mettent pas en œuvre ni soutiennent l’ITIE. Pour les pays qui mettent en œuvre l’ITIE, c’est Madagascar qui se place premier avec ses 26 millions de tonnes de réserves de graphite naturel pour six projets. La Grande île est suivie par le Mozambique avec ses 25 millions de tonnes et neuf projets, la Tanzanie avec ses 18 millions de tonnes et huit projets. Il y a également l’Ukraine dont les réserves sont non déclarées.

C’est encore la Chine qui est le plus grand producteur mondial de graphite naturel, avec plus de 80 % de la production minière mondiale en 2021. Parmi les pays de l’ITIE produisant du graphite naturel figurent le Mozambique (30.000 tonnes), Madagascar (22.000 tonnes), l’Ukraine (17.000 tonnes), la Norvège (12.000 tonnes) et le Mexique (3.500 tonnes). Certaines des plus grandes mines en exploitation dans ces pays sont Balama au Mozambique, Zavalievsky en Ukraine et Traelen en Norvège. Un certain nombre de projets sont en cours de développement à Madagascar dont Molo porté par l’entreprise canadienne NextSource Materials et Graphmada par l’entreprise australienne Greenwing Resources Ltd.

Comme l’expose l’ITIE, les chaînes de valeur des minéraux dans le monde sont géographiquement dispersées et fragmentées, un certain nombre de pays et d’entreprises se spécialisant dans différentes étapes. L’extraction de minéraux de transition survient dans de nombreux pays mettant en œuvre l’ITIE. Toutefois, la Chine et un certain nombre d’autres pays ne mettant pas en œuvre l’ITIE contrôlent la plus grande partie du traitement de nombreux minéraux de transition.

La demande en graphite est en tout cas en hausse, qui est induite par les constructeurs automobiles qui l’utilisent pour les batteries lithium-ion. Ce qui est profitable pour Madagascar et l’Etat avait déjà avancé dans la loi des Finances rectificatives 2022 que l’envolée des cours mondiaux des produits miniers est une incitation pour le développement des exploitations de « minerais stratégiques », dont le graphite. Tout opérateur désirant exploiter cette substance pourrait avoir à conclure une convention minière avec l’Etat avant de pouvoir obtenir un permis.

Photo d’illustration : Ministère des Mines et des ressources stratégiques