NECROLOGIE – Le Père Sylvain Urfer « rappelé à Dieu »

Antananarivo, 3 Décembre, 18h45 – « Chers amis. Un communiqué du mois précédent et un opuscule à venir sous peu. Cordialement. Sylvain Urfer ». Ce fut l’un des derniers courriers électroniques que le fondateur des éditions Foi et Justice a envoyés à ceux qu’il appelait ses amis. C’était le 24 Novembre. Il y a dix jours. Il l’avait envoyé de Paris où il suivait des soins depuis Mars dernier, et où il a rendu l’âme ce vendredi.

Ecrivain et éditeur, le Père Sylvain Urfer était en train de terminer un énième ouvrage sur les relations de l’Eglise et de l’Etat à Madagascar. Dans l’opuscule qu’il annonçait et dont la couverture est prête, il parle de « L’engagement politique des Eglises à Madagascar ». Dans ce dernier essai qu’il aura écrit, le Jésuite veut montrer « en quoi les conflits avec le gouvernement civil et les oppositions inter-religieuses s’insèrent dans la séculaire évolution de la société malgache ».

Avec cet essai, il comptait apporter une contribution au débat sur la place des Eglises dans l’espace public à côté de l’Etat, écrit-il. Mais l’enseignant qu’il était devra aussi apporter une énième contribution à la connaissance de l’histoire de Madagascar, après, entre autres, les travaux de coordination de l’ouvrage collectif, Histoire de Madagascar, la construction d’une Nation.

Parmi les membres fondateurs de l’Observatoire de la vie publique (Sefafi – Sehatra fanaraha-maso ny fiainam-pirenena), cet ancien curé de la paroisse Saint Jérôme d’Anosibe et co-fondateur de l’Association pour le développement d’Anosibe, était connu pour ses analyses souvent critiques envers les hommes politiques, notamment ceux qui sont au pouvoir. Ce qui lui a valu une expulsion en 2007.

Mais ce jésuite n’était pas seulement critique envers les politiques. Ses cours, il était enseignant aux collèges Saint Michel et Saint Antoine puis au Grand séminaire de Manantenasoa à Antsirabe et à l’Université catholique de Madagascar, ses sermons, mais aussi ses écrits ne ménageaient pas ceux qui pouvaient constituer une entrave au développement de Madagascar, son pays d’adoption depuis 1974, date de son arrivée sur la Grande île alors qu’il avait 33 ans.

Photo : Aumônerie nationale des catholiques malgaches de France