Antananarivo, 17 Avril, 14h15 – Tous ceux qui s’intéressent un tant soit peu à l’histoire de Madagascar et viennent découvrir les vieux documents du pays la connaissent. De 1968 à 2000, Razoharinoro Randriamboavonjy a dirigé d’une main de fer dans un gant de velours les Archives nationales de Madagascar. Archiviste paléographe, elle est l’une des rares malgaches à avoir fréquenté l’Ecole nationale des chartes, grande école française spécialisée dans la formation aux sciences auxiliaires de l’histoire et aux métiers de la conservation.
Un peu plus de 20 ans après sa retraite, à 84 ans, cette spécialiste des écritures anciennes, tire sa révérence. Elle est décédée le 30 Mars dernier selon un faire-part paru ce samedi dans les quotidiens locaux, et a été inhumée le lendemain même. Elle aura formé et encadré de nombreux historiens, archivistes, documentalistes, bibliothécaires, spécialistes des musées, conservateurs, et autres passionnés d’histoire, mais aussi de nombreux étudiants de la Faculté de Droit, d’économie, de gestion et de la sociologie.
Auteure de nombreux articles, ouvrages et livres sur l’histoire de Madagascar, dont le plus connu est sans doute le Nouveau corpus d’histoire des institutions, qu’elle a co-écrit avec Ignace Rakoto et Fred Ramiandrasoa, Razoharinoro Randriamboavonjy était aussi membre de l’Académie malgache. Pendant plus de 30 ans, elle aura professionnalisé, modernisé mais aussi collecté des archives à travers des campagnes de collecte et des tournées en provinces.