Antananarivo, 23 Juin, 14h22 – Une réaffectation pour faire face autrement aux impacts de la crise sanitaire liée au coronavirus. A entendre le Premier ministre Christian Ntsay face aux sénateurs à Anosy mardi, l’Etat entend renflouer les caisses de l’Etat avec une partie des financements obtenus auprès des partenaires techniques et financiers dans le contexte de la crise sanitaire liée au coronavirus. Pour le chef du gouvernement, une partie du fonds servira à l’acquisition de matériel de protection sanitaire. Une autre partie sera affectée à l’appui budgétaire et à l’aide à la balance de paiement afin d’éviter la dépréciation de l’ariary.
A entendre le Premier ministre, l’Etat ne pense recourir ni à la dévaluation de la monnaie malgache ni à la planche à billet, pouvant entraîner une spirale inflationniste. « En 1992, en 2002, nous avons une inflation de 60 à 80%. Est-ce que nous voulons revivre cela ? », s’interroge Christian Ntsay.
Le Premier ministre indique que le gouvernement continue de négocier auprès des bailleurs de fonds pour pouvoir continuer cette politique, avec comme argument la capacité d’endettement du pays. « Nous avons encore un faible taux d’endettement et nous pouvons encore nous endetter afin de maintenir une stabilité financière grâce à l’appui budgétaire et à la stabilisation monétaire », explique-t-il, évoquant « le prolongement des impacts de la crise sur plusieurs années ».
Pour cette année, l’Etat entend maîtriser l’inflation moyenne à 7,2% en termes de glissement annuel, ainsi que l’indique le projet de Loi de finances rectificative. La Banque centrale de Madagascar (BCM) est intervenue sur le marché monétaire en réalisant « des injections de liquidités » sur le marché, rappelle la mouture du projet de loi de finances rectificative. Afin de contenir l’inflation que cette politique ne manquera pas de créer, les autorités misent sur les facteurs exogènes, comme la chute du prix des produits pétroliers ou encore la tendance baissière enregistrée par le prix des matières premières.
