Un taux de croissance annuel moyen de 7,5% de manière ininterrompue pendant 15 ans. C’est cet effort d’envergure que Madagascar devrait déployer pour espérer un doublement du niveau de vie actuel. C’est ce seuil minimal requis qu’il faudrait atteindre pour qu’un Malgache, à l’heure actuelle, retrouve le niveau de vie d’un Malgache en 1971. Cette situation a été exposée par le ministre de l’Économie et des finances, Herinjatovo Ramiarison, lors d’une rencontre avec la presse ce vendredi.
Comme indiqué par la Banque mondiale, les revenus réels moyens de Madagascar avaient décliné au fil du temps, le PIB par habitant ayant chuté de 812 dollars à 456 dollars entre 1960 et 2024 (en dollars constants de 2015). Le taux de pauvreté du pays figure également parmi les plus élevés au monde, avec 80 % de la population qui vivait sous le nouveau seuil de pauvreté international, fixé à 2,15 dollars par jour (en parité de pouvoir d’achat de 2017) en 2024. Si la pauvreté rurale demeure un défi majeur, les zones urbaines ont connu une détérioration significative de leurs indicateurs au cours de la dernière décennie.
La tâche est alors loin d’une mince affaire. Historiquement, bien que des pics de croissance à 7,5 % aient été atteints ponctuellement, la pérennité de ces performances a toujours été compromise par l’instabilité et les crises cycliques, reprend le ministre Herinjatovo Ramiarison. Il souligne qu’entre 2009 et 2024, le taux de croissance moyen s’est établi à 2,4 % par an, un chiffre dérisoire puisqu’il demeure inférieur au taux de croissance démographique, entraînant de facto une paupérisation mécanique, note-t-il.
“Le redressement de notre économie, actuellement atone, exige une transformation profonde”, lance-t-il alors. Mais ce processus d’émergence, à l’instar des modèles observés dans d’autres pays émergents, s’inscrit sur le temps long. “Cependant, cet horizon ne doit pas mener au découragement”, rassure le membre du Gouvernement.
Les leviers de cette dynamique reposent sur le secteur privé comme moteur. Le ministre Herinjatovo Ramiarison insiste que la croissance ne doit pas être portée par l’État, mais par les entreprises privées. Le rôle de la puissance publique est alors de soutenir ces unités de production pour accroître leur productivité. Il parle également de l’impératif de confiance. “La restauration du climat de confiance entre l’État et le secteur privé est la clé de voûte de l’investissement. C’est cette synergie qui permettra aux opérateurs de s’aligner sur la vision stratégique nationale”, soutient-il.
Mais une relance effective nécessite le courage d’engager des réformes structurelles audacieuses, d’après toujours ses explications. “En somme, il s’agit de mobiliser tous les acteurs autour d’un effort de productivité soutenu pour amorcer une trajectoire de croissance réelle et durable”, conclut-il.
