PARLEMENT – Le gouvernement convoque une session extraordinaire du Sénat 

Antananarivo, 12 octobre, 6h30 – Anosikely en ébullition. Le Conseil des ministres de ce mercredi a adopté le décret de convocation d’une session extraordinaire du Sénat pour ce jeudi. Le gouvernement affirme répondre à une « demande déposée le mercredi 11 octobre par 14 sénateurs », selon le compte-rendu de la réunion hebdomadaire de l’Exécutif. Le communiqué ne précise pas l’ordre du jour.

 

La veille, des sénateurs avaient informé de leur démarche pour demander la tenue d’une session extraordinaire afin d’« examiner les mesures à prendre dans de meilleurs délais » concernant le cas de leur président Herimanana Razafimahefa. Ils affirment « se poser des questions sur l’état de santé mentale » du président de la Chambre haute et soulève le « manque de maturité » dont il fait preuve. Ils déclarent la « difficulté à confier les affaires nationales à quelqu’un d’aussi versatile ».

 

 

La majorité des membres composant le Sénat fait référence à la lettre déposée par Herimanana Razafimahefa à la Haute cour constitutionnelle (HCC) faisant part de son intention d’assumer le poste du chef de l’Etat par intérim. Elle rappelle l’existence d’une lettre, suivie d’une déclaration de renonciation du président du Sénat, conduisant la Cour à confier les fonctions du chef de l’Etat au gouvernement.

 

« Certains mal intentionnés veulent met destituer. ils [initiateurs de la demande de session extraordinaire] invoquent la maladie mentale », interprète Herimanana Razafimahefa, intervenant sur le journal de TV5 Monde mercredi soir. « Bien sûr, on est dans un monde de fou mais quand même », pique-t-il, faisant part d’un suivi médical de son état de santé.

 

Le président du Sénat avait révélé l’existence de pressions exercées sur lui pour la renonciation, pointant, entre autres des membres de l’Exécutif. Le gouvernement réfute en bloc l’accusation alors que le président sortant Andry Rajoelina se dit « surpris » par les affirmations.

 

Le collectif des candidats, elle, demande à la HCC de réformer sa décision constatant la renonciation du président de la Chambre haute à assurer les fonctions du chef de l’Etat par intérim et de confiant celles-ci au gouvernement. Il évoque une « lettre de renonciation extorquée sous la menace (…) nulle et de nul effet ».