PATRIMOINE – Reprise des travaux au Rova d’Antananarivo, le Conseil des ministres donne son accord pour la reconstruction des palais de Mahitsielafanjaka, de Manampisoa et de Tranovola
Les travaux devraient bientôt reprendre sur le site du Rova d’Antananarivo. Après l’inauguration des palais de Manjakamiadana et de Besakana en Novembre 2020, le Conseil des ministres donne son accord pour la reconstruction des palais de Mahitsielafanjaka, de Tranovola et de Manampisoa. Les trois palais ont tous été réduits en cendres lors de l’incendie du Rova en Novembre 1995.
Mahitsielafanjaka, case royale et sacrée, a été élevée en 1796 pour accueillir l’une des 12 épouses du Roi Andrianampoinimerina. Entièrement construite en bois et lieu où se conservait le trésor royal, Mahitsielafanjaka est considéré comme un véritable lieu sacré où les successeurs de son bâtisseur avaient pris l’habitude se recueillir. Sa reconstruction a déjà commencé, il reste à la finaliser.
Contrairement au palais de Mahitsielafanjaka ou de Besakana qui avaient gardé une architecture traditionnelle, Tranovola se voulait moderne en étant le premier palais à étage du Rova d’Antananarivo, et en ayant des vérandas et un toit à quatre pans. Construit pour Radama Ier en 1820, il est néanmoins construit avec des matériaux organiques. Reconstruit en 1845 sur instruction de Ranavalona Ière pour son fils Radama II, il sera encore plus majestueux, mais comme les autres, il disparaîtra avec l’incendie de 1995.
Manampisoa, pour sa part, est le palais que la reine Rasoherina fait construire en 1865. Entièrement construit en bois précieux – bois d’ébène et bois de palissandre – ce petit palais, a été transformé en musée de la famille royale. Il se trouve non loin des fondations du palais Masoandro où le tout récent colisée, appelé Kianja Masoandro et qu’a fait construire le président Andry Rajoelina a été implanté. Un spécialiste du Rova d’Antananarivo, lui, s’est déjà résigné à ne plus voir Manampisoa reconstruit, craignant que le colisée ait empiété sur son emplacement.
Aucun détail n’est pour l’instant donné sur le calendrier de la reconstruction. Le professeur Ranjatohery, historien, rappelle néanmoins que « tout un ensemble de rituels doit être initié et suivi avant, pendant et à la fin des travaux de reconstruction ». Il insiste sur la nécessité de consulter les « Zanak’andriana », descendants des rois et reines inhumés, « cachés », dans les tombes royales du Palais.