Quelle quantité de richesse Madagascar pourrait-il produire concrètement cette année ? Selon le Fonds monétaire international (FMI), la capacité de la Grande île à produire des richesses devrait s’améliorer de 3,6% par rapport à l’an dernier pour atteindre 4,1% en 2027. C’est le taux de la croissance du Produit intérieur brut (PIB) réel du pays, rapporté par cette institution de Bretton Woods, dans son rapport sur les Perspectives économiques régionales pour l’Afrique subsaharienne qu’elle a publié en ce mois d’avril.
La Banque mondiale s’est, de son côté, déjà montrée un peu plus optimiste pour cette année en anticipant une croissance de 3,8%. Une progression, qui selon ses explications, devra être appuyée par l’investissement public dans les infrastructures critiques ainsi que par l’investissement privé dans les secteurs des mines, du tourisme et des télécommunications. Elle se montre toutefois plus réservée pour l’après-2026. Alors que le FMI espère une accélération continue, la Banque mondiale estime que la croissance pourrait plafonner autour de 4,2 % sur la période 2027-2028.
Mais le portefeuille des ménages reste sous pression malgré ces chiffres qui peuvent paraître encourageants. En 2026, ces deux institutions financières prévoient que les prix vont continuer de grimper avec une inflation estimée à 8,3 %. Le coût de la vie pourrait donc augmenter de manière généralisée à ce niveau, touchant aussi bien les produits alimentaires que les services essentiels. Une décélération à 7% du taux d’inflation est néanmoins attendue pour 2027, selon la prévision du FMI.
Pour la Banque mondiale, une décrue progressive de l’inflation à moyen terme est envisagée. Mais ce ralentissement repose avant tout sur le maintien par Banky foiben’i Madagasikara (BFM) d’une politique monétaire restrictive.
Les perspectives restent menacées par plusieurs risques majeurs. La Banque mondiale parle par exemple de la fragilité des institutions, une application irrégulière des réformes, ainsi que la lenteur du redressement financier et opérationnel de la Jirama. Le secteur du tourisme pourrait également souffrir d’une performance plus faible dans les destinations principales du pays, estime-t-elle. À l’international, l’incertitude plane sur le non-renouvellement de l’AGOA après 2026 ; à laquelle s’ajoute la vulnérabilité de Madagascar face aux chocs extérieurs, notamment les catastrophes climatiques.
Un conflit prolongé au Moyen-Orient pourrait par ailleurs faire grimper les coûts de l’énergie et du transport maritime. “Une telle situation alimenterait l’inflation à travers les prix du transport, de l’électricité et de l’alimentation. Cela affecterait de manière disproportionnée les ménages urbains, tout en réduisant les revenus des petits exploitants agricoles”, expose la Banque mondiale.
