PERSPECTIVES – Madagascar  table sur une croissance économique à 4,5% en 2024

Antananarivo, 22 Novembre, 20h00 – Madagascar devrait enregistrer une croissance économique à 4,5% l’année prochaine. Cette performance devrait surtout être portée par les industries extractives, l’agriculture et le tourisme, avance le ministère de l’Economie et des finances (MEF) dans le document de performance annexé au projet de loi des Finances pour 2024.

 

La croissance économique de 2024 devrait être soutenue par une hausse de 7,2% des activités de l’industrie extractive. La dynamique de ce secteur devrait être nourrie par l’application du nouveau code minier et le contexte international qui tend toujours vers la transition énergétique, expose le ministère dans ce document.

 

Les actions pour l’amélioration de la productivité, notamment pour la filière riz devraient également permettre une croissance significative du secteur agricole. Une croissance de 5,4% devrait être enregistrée dans le domaine de l’agriculture. Elle sera soutenue entre autres par une production de paddy projetée à 5,8 millions de tonnes, correspondant à une hausse de 10,53% de la production cette année.

 

Pour ce qui est du tourisme, le MEF estime que ce secteur devrait capitaliser sur l’élan donné par les récents Jeux des Îles pour se rapprocher plus encore du niveau d’activité atteint en 2019. Il est indiqué dans ce document de performance que Madagascar avait enregistré l’arrivée de 173 879 touristes durant les neuf premiers mois de cette année. Et cette tendance devrait se poursuivre en 2024 avec des activités touristiques qui seraient en hausse de 10,1%.

 

Malgré son optimisme, le MEF soutient que ces perspectives sont soumises à des risques notamment au niveau international. Ce département énumère entre autres les conflits géopolitiques, d’éventuelles nouvelles vagues de COVID-19, une hausse des prix des produits énergétiques et alimentaires, des conditions financières mondiales plus strictes qui pourraient les compromettre.

 

Les chocs climatiques et l’évolution de la situation sociopolitique dans le contexte de l’élection présidentielle de 2023 sont également des risques locaux à considérer, indique le ministère. Cette situation préoccupe, notamment, les partenaires techniques et financiers de la Grande île, à l’instar de la Banque africaine de développement (BAD) ou encore le Fonds monétaire international (FMI). Dans la Matrice d’évaluation des risques (MER) établie dans le cadre de la quatrième revue du programme sur la Facilité élargie de crédit (FEC), le FMI avait par exemple jugée « élevée » la probabilité d’un risque d’instabilité politique résultant d’un mécontentement de la population à l’égard des pouvoirs publics.