POLITIQUE MONETAIRE – La Banky foiben’i Madagasikara défend le régime de change flottant

Antananarivo, 16 Mai, 16h55 – La Banky foiben’i Madagasikara (BFM) défend son choix. L’économiste chercheur auprès de la BFM, Sitraka Andriamanantsara, estime que le régime de change « flottant », adopté depuis ces dernières années et jusqu’à ce jour par l’Autorité monétaire malgache, est optimal pour le contexte économique et financier à Madagascar. Il a défendu cette position lors d’une conférence sur ce thème mardi.

La question si le régime de change actuel est optimal pour le contexte malgache avait été abordée durant cette conférence. Surtout à un moment où Madagascar demeure confronté à des problèmes qui sont liés à sa vulnérabilité par rapport aux chocs internationaux, aux relations économiques et géopolitiques dans le monde, aux catastrophes naturelles qui se répercutent toutes sur la balance de paiement et la balance commerciale du pays. De telles situations font que la banque centrale et le ministère chargé des finances se trouvent confrontés à des questions d’optimisation de choix, souligne, par ailleurs, le Pr Jeannot Ramiaramanana, qui avait modéré la conférence.

Comme défini par Central Charts, le régime de change est le mécanisme régissant l’évolution du taux de change d’une monnaie par rapport aux autres monnaies. Un régime de change fixe est une décision des autorités monétaires de fixer elles-mêmes le taux de change de leur monnaie face aux autres monnaies. Le régime de change flottant est un mécanisme ou le taux de change est déterminé sur les marchés financiers. Il est fonction de l’évolution de l’offre et de la demande pour la devise.

Pour Sitraka Andriamanantsara le régime de change « flottant » actuel offre des flexibilités à l’économie nationale. « Ce régime de change est une sorte d’amortisseur de chocs auxquels Madagascar est tellement exposé », expose-t-il. C’est la résilience de l’économie face à ces chocs qui serait remise en cause en cas de régime de change fixe, avance-t-il alors.

Pour soutenir ses arguments, cet économiste chercheur de la BFM renvoie à l’historique de l’inflation et de la croissance économique de 1980 à 2023. La période avait été choisie pour pouvoir analyser la différence entre la période où Madagascar avait été sous le régime de change fixe et la période où le pays avait commencé à opter pour le change flottant. « Nous avons vécu des inflations très importantes avant l’adoption de change flottant, avant 1994. L’inflation avait été rarement en dessous de 10%. Par contre, après l’ajustement structurel, qui s’opérait vers les années 90, une nette amélioration de la situation avait été notée quant à l’inflation, qui est souvent contenu en dessous de 10% ».

Concernant la croissance économique, « la résilience de l’économie face aux chocs avait été moins importante avant l’ajustement structurel. Mais après cet ajustement des années 90, l’économie a su se relever rapidement après les crises. Il y a une meilleure résilience de l’économie face aux chocs », poursuit-il.

Dans sa présentation néanmoins, Patrice Guillaumont, le président de la Fondation pour les études et recherches sur le développement international (Ferdi), soutient que les évolutions récentes à Madagascar « amènent à tirer une conclusion provisoire qu’Il n’y a peut-être pas de régime de change optimal en toutes circonstances ». Selon lui, « Il y a un régime de change qui dépend des circonstances ainsi que de l’horizon temporaire ».

Le professeur émérite Jeannot Ramiaramanana soutient pour sa part que « le régime de change actuel, est un régime qui devrait s’adapter aux imprévus ». Ce régime présente toutefois également ses limites dans un sens où un change flottant est un change qui ne permet pas une prévision budgétaire et financière, notamment pour les entreprises très précises. Et ce, bien qu’il ait le marché de change à terme qui essaie de réduire le risque de change.

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