POLLUTION ATMOSPHÉRIQUE – Coopération entre experts américains et malgaches pour installer de nombreux capteurs et bio-indicateurs à faible coût afin de monitorer la qualité de l’air à Madagascar
Antananarivo, 15 décembre, 6h40 – La lutte contre les impacts négatifs de la pollution de l’air comme objectif. Un panel d’experts américains et malgaches prévoit d’installer de nombreux capteurs et bio-indicateurs à faible coût aux quatre coins d’Antananarivo mais aussi en province afin de surveiller la qualité de l’air dans la Grande île. L’objectif est de vérifier les sources, la composition mais surtout le niveau de pollution de l’air dans les zones surveillées. “L’objectif est de sensibiliser les gens à se rendre compte qu’il y a un problème de la qualité de l’air à Madagascar”, explique le docteur Lova Marline, biologiste de l’Association Vahatra-Kew Madagascar Conservation Center, membre du panel.
A en croire le panel, les capteurs ne seront pas uniquement surveillés par des scientifiques. Le groupe d’experts espère que des citoyens prennent aussi part à l’action en adoptant ces capteurs à faible coût et surveilleront eux même la qualité de l’air. “Les données recueillies seront aussi partagées sur les réseaux sociaux et partagées aux diverses institutions comme le ministère de la santé et celui de l’environnement”, poursuit le biologiste. A terme, une cartographie de la pollution de l’air pourra être établie afin de prendre les mesures y afférentes.
Le panel d’experts a sillonné la Grande île d’Antananarivo à Tolagnaro du 25 novembre au 8 décembre dernier afin de mesurer la qualité de l’air. L’équipe a aussi sensibilisé le public et les scientifiques sur l’importance de la qualité de l’air et l’importance de la surveillance de la qualité de l’air dans les villes qu’elle a traversé. Selon le docteur Linda Geiser, du service des forêts américain, membre du panel, “la qualité de l’air est assez similaire dans les villes traversées ». “C’est un mythe de dire que l’air est bon dans les autres villes à part la capitale », explique-t-elle. “Même au sommet de la forêt de Ranomafana, l’air n’est pas aussi propre que cela”, conclut la scientifique.
Selon les experts, la qualité de l’air revêt une très grande importance sanitaire. Une exposition durable à de l’air pollué peut causer des effets comme de l’asthme, la toux, de nombreuses maladies respiratoires et peut même causer des cancers du poumon. Les très jeunes sont aussi très vulnérables et sensibles à la pollution aérienne. “A Madagascar, 15 % des morts précoces sont dues à la pollution de l’air” précise le docteur Lova Marline.