Antananarivo, 28 Juillet, 14h20 – 43 millions de litres en plus de la production actuelle estimée à environ 100 millions de litres. C’est l’objectif national à atteindre dans les trois prochaines années, d’après la directrice exécutive de la Malagasy dairy board (MDB), Mira Rakotondrandria au cours d’une rencontre avec la presse mercredi. C’est un objectif tout à fait réalisable malgré la stagnation de la production nationale enregistrée ces dernières années, rassure-t-elle.
Plusieurs points sont toutefois à considérer afin de relever ce défi. Le coût de production élevé, la faible potentielle génétique des vaches, le manque de suivi zootechnique et sanitaire sont autant de difficultés auxquelles les producteurs laitiers sont encore confrontés. Mira Rakotondrandria y ajoute le difficile accès aux terres qui pénalise la production des pâturages et constitue de ce fait un problème majeur pour l’alimentation animale.
Aussi, mis à part les appuis que doivent bénéficier ces producteurs face à ces facteurs bloquants, ce responsable de la MDB insiste sur l’alimentation animale qui limite souvent le rendement des vaches laitières. Aussi, elle avance la valorisation des pâturages naturels ou encore la vulgarisation de l’herbe juncao qui a déjà fait ses preuves. « Les projets de sécurisation foncière doivent également être renforcés puisque les éleveurs ont besoin de terrain pour la production des pâturages », a-t-elle réitéré.
L’opérationnalisation du nouveau système de traçabilité (LITS) pour la filière lait devra également contribuer à sa promotion. Mira Rakotondrandria soutient que ce nouveau système devra permettre aux acteurs qui s’y spécialisent de savoir l’effectif à jour du cheptel bovin, dont particulièrement le nombre des vaches laitières. Elle soutient que la « disponibilité de ces données contribuera à mieux définir la stratégie pour le développement du secteur ».
Ce nouveau système renforcera également le contrôle laitier, dont le contrôle de performance. Et le LITS considère les volets alimentation et santé animale ainsi que l’amélioration génétique. Des points qui ont beaucoup d’importance pour la promotion de la filière lait, explique-t-elle.
L’augmentation de la production de lait ne peut par ailleurs se réaliser que s’il existe des débouchées pour cette production. Ce responsable de la MDB estime que le marché local reste ouvert et offre encore des opportunités d’affaires à saisir pour les producteurs laitiers locaux. Et ce, même si l’importation de produits laitiers, dont les poudres de lait, n’a cessé de croître ces dernières années.
Pour ce qui est de la consommation de produits laitiers, Mira Rakotondrandria estime qu’une personne vivant dans la Capitale en consomme environ 12 kilos par an. Bien qu’il s’agit d’un chiffre qui a augmenté, cette consommation est loin de la moyenne en Afrique qui est de 20 kilos, très loin des 60 kilos recommandés par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et insignifiant par rapport à la consommation en Europe qui est de 200 kilos par personne en une année.