PROGRAMME FEC – Marc Gérard du FMI se veut «raisonnablement optimiste» sur le respect de ses engagements par Madagascar malgré les dérapages budgétaires de 2020

Antananarivo, 26 Février, 6h35 – Marc Gérard, représentant résident du Fonds monétaire international (FMI) à Madagascar espère que les dérapages budgétaires de l’année 2020 ont surtout été dus « au contexte difficile » que Madagascar a dû traverser. Parmi ces dérapages figurent la hausse importante des subventions accordées à la Jirama et la faiblesse des dépenses sociales.
Marc Gérard estime que la Grande île devrait pouvoir respecter les engagements qu’elle a pris dans le cadre des accords liés au programme de Facilité élargie de crédit (FEC) quand ce programme sera effectivement en cours. Celui-ci attend encore l’aval du Conseil d’administration du Fonds qui est prévu se réunir vers fin-Mars, début-Avril.
« Certains problèmes complexes prennent du temps à être corrigés mais à ce stade, nous sommes raisonnablement optimistes », avance le représentant du FMI, interrogé sur les possibilités que les autorités malgaches respectent leurs engagements de réformes surtout que celles-ci peuvent parfois être impopulaires. « Nous avons évoqué les dérapages budgétaires et nous nous sommes mis d’accord sur un programme qui vise à les corriger », soulève-t-il.
Lors d’une conférence de presse en ligne, jeudi, le représentant résident du FMI a rappelé que les subventions accordées à la Jirama en 2020 ont été de 845 milliards d’ariary, alors qu’il n’en était prévu que 150 milliards d’ariary en début d’année dans la loi de finances initiale. « C’est trois fois plus que les dépenses sociales engagées en 2020 », regrette-t-il. Or, l’un des engagements pris par l’Etat dans le cadre de ses accords avec le FMI consiste à « éviter que les transferts accordés à la compagnie nationale d’eau et d’électricité ne dépassent pas les budgets sociaux ».
La baisse des dépenses sociales en 2020 fait également partie des dérapages budgétaires notés par le FMI. « Un budget est voté avec la loi de finances initiale, puis il est réduit avec l’adoption d’une loi de finances rectificative, mais à la fin de l’année, même ce budget déjà réduit n’est pas exécuté à 100% », déplore Marc Gérard. Il ajoute même que « les dépenses sociales exécutées ne sont pas seulement sont inférieures à ce qui est prévu alors que les besoins sont énormes ». « Elles sont également bien en-deçà des normes », rappelle-t-il. Il évoque, entre autres, des dépenses sociales d’environ 1% du Produit intérieur brut (PIB).
Le prix des carburants pourrait également constituer un sujet d’inquiétude surtout si le cours international du pétrole augmente. Les autorités ont toujours semblé rejeter le principe d’une hausse des prix même si celle-ci ne concerne que la frange la plus riche de la population. Mais si le FMI estime qu’il n’y a « rien de plus inéquitable que des subventions au prix des carburants parce que cela reviendrait à subventionner les plus riches », il n’est pas contre « la mise en place d’un mécanisme pour s’assurer qu’en cas de hausse, les tarifs des taxi-be n’augmentent pas ».