Antananarivo, 13 Juin, 10h45 – Chaque action compte. La situation est tellement alarmante qu’il est impératif pour les îles du sud-ouest de l’océan Indien de conjuguer leurs efforts pour protéger et valoriser leurs biodiversités. Ce message est du ministre de l’Environnement et du développement durable, Max Fontaine, lors de l’ouverture de la conférence visant à faire une revue à mi-parcours du programme Varuna, mardi.
Ces îles de l’océan Indien, que sont l’Union des Comores, Maurice, Madagascar et Seychelles, sont confrontées au grand défi de la lutte contre l’érosion de leur biodiversité.
Selon les données partagées en marge de cette conférence, on estime par exemple que 95% des lémuriens sont menacés dans les forêts malgaches. Quasiment tous les oiseaux endémiques de l’île Maurice sont également considérés comme menacés. L’Union des Comores a pour sa part connu entre 1990 et 2015 des taux de déforestation de 24%, qui sont les plus élevés au monde selon l’Organisation des nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). Et les écosystèmes d’eau douce ont subi une réduction de 90% aux Seychelles et sont considérés comme étant en danger critique d’extinction selon les critères mondiaux pour les zones clés pour la biodiversité (KBA).
Flavien Joubert, le ministre Seychellois de l’Agriculture, du changement climatique et de l’environnement insiste sur l’importance de la coopération régionale en faveur de ces biodiversités. “L’objectif commun est de promouvoir une meilleure compréhension des défis auxquels nous sommes confrontés, de partager des solutions innovantes et de forger des partenariats solides qui conduiront à des changements significatifs”, lance-t-il.
Le ministre comorien de l’Agriculture, de la pêche, de l’environnement, du tourisme et de l’artisanat, Houmed M’Saïdie abonde dans ce sens, en soutenant que décideurs, entreprises, société civile et chaque citoyen doivent agir face à cette érosion de la biodiversité. Il suggère alors le changement des modes de consommation pour la réduction du gaspillage alimentaire et la surexploitation des ressources naturelles. Il avance également l’adoption d’approches de développement intégrées et multisectorielles prenant en compte les compromis entre la production alimentaire et énergétique, les infrastructures, la gestion des ressources en eau et des zones côtières, et la conservation de la biodiversité.
“Nous sommes et nous faisons partie de la solution, et nous devons être valorisés comme des pays clés et non des pays victimes dans la lutte contre le changement climatique et la préservation de la biodiversité”, lance le ministre Max Fontaine. Ce, en saluant le travail de tous les partenaires du programme Varuna, tout en restant conscient du chemin qui reste encore à parcourir ainsi que les défis que ces pays de l’océan Indien doivent encore surmonter.
Selon sa coordinatrice, Blanche Gomez, Varuna est un programme de préservation de la biodiversité qui est financé par l’Agence française de développement (AFD) et mis en œuvre par Expertise France. C’est un programme régional, impliquant les cinq pays du sud-ouest de l’Océan Indien et qui a pour but de lutter contre l’érosion de la biodiversité, précise-t-elle.
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