PROTECTION SOCIALE : La couverture de santé universelle tarde à démarrer

La mise en place de la couverture de santé universelle (CSU) patine. Il reste du chemin à faire pour rendre le système opérationnel dans l’ensemble du pays.

Un district sanitaire pilote en 2018. Trente-six autres prévus en 2019. Les 77 autres restants devront encore attendre, mais l’objectif est de permettre que les populations des 113 districts sanitaires du pays puissent bénéficier de services de santé de qualité, ce sans avoir à faire face aux difficultés financières.

Le projet a été officiellement lancé en 2014, mais a tardé à se mettre en place. Une cérémonie en grandes pompes a ensuite été organisée dans le district pilote de Vatomandry, en juin 2018, pour marquer le début de l’application du système, mais celui-ci a semblé en stand-by, jusqu’à ce qu’une autre cérémonie soit organisée ce 12 avril à l’occasion de la journée mondiale de la santé, à l’initiative de la nouvelle administration.

Cette fois, les autorités promettent que le système sera bel et bien en place cette année dans au moins 36 districts sanitaires. « «Cette année, nous allons cibler 36 districts mais l’objectif est d’atteindre les 113 restants sur tout le territoire national », a souligné jeudi dernier le directeur général de la Caisse nationale de solidarité santé (CNSS), Guy Andriantsara.

Dans ces localités, les bénéficiaires du système, moyennant une cotisation annuelle de 9 000 ariary, devraient avoir gratuitement accès aux consultations, aux médicaments, à une hospitalisation auprès des centres hospitaliers de référence des districts et à un service d’ambulance. La souscription devrait se faire via les fokontany, auprès des agents spécialement affectés au projet, entre autres par paiement via mobile banking. La prise en charge s’étend aux centres hospitaliers universitaires, ainsi qu’à l’évacuation auprès de ces hôpitaux, lorsque le souscripteur paie 26 000 ariary par mois.

Beaucoup de chemin reste pourtant à faire avant que le système ne soit effectif et ne soit prêt à donner des soins de qualité aux « mutualistes ». À la mise en place des systèmes de paiement pour percevoir les cotisations destinées à alimenter la CNSS, s’ajoutent, par exemple, « la construction de Centres de santé de base ou encore de l’acquisition de matériel médical » ainsi que l’indique le Dr Manitra Rakotoarivony, directeur de la Promotion de la santé auprès du ministère de la Santé publique.

Pour l’instant, le projet a pu démarrer grâce aux bailleurs de fonds, à certains donateurs du secteur privé et à l’État. Du côté de la société civile, la mise en place définitive du système est urgente. Une rencontre pour discuter de ce projet s’est tenue mercredi à Anosy. L’occasion pour les organisations de la société civile de tirer la sonnette d’alarme sur le retard de la mise en œuvre du projet. « Le gouvernement doit faire preuve de transparence sur ce projet essentiel pour le citoyen et son financement », a martelé Hony Radert du Collectif des citoyens et des organisations citoyennes (CCOC).