RÉFORME DE L’EDUCATION – 228 000 enseignants à former via le programme Pitaf pour faire face à la crise d’apprentissage

Photo : MEN

Antananarivo, 28 février, 11h55 – Un nouveau programme pour soutenir l’éducation à Madagascar. Le programme intégré pour la transformation des apprentissages fondamentaux (Pitaf), officiellement lancé vendredi, prévoit la formation de 228 000 enseignants à Madagascar afin de répondre à la crise persistante de l’apprentissage qui affecte le système éducatif.
Mis en œuvre de 2025 à 2029 dans toutes les régions du pays, ce programme cible également 4,7 millions d’élèves. Il est soutenu par trois partenaires techniques et financiers, à savoir l’Unicef, l’Agence française de développement (AFD) et la Banque mondiale, avec un financement du Partenariat mondial pour l’éducation à hauteur de 89,44 millions de dollars.
Cette initiative intervient dans un contexte où “la crise de l’apprentissage perdure à Madagascar”, selon les partenaires du secteur. Le manque d’enseignants qualifiés contribue notamment à la détérioration du niveau des élèves. D’après les résultats du MICS 2025, un enfant sur deux ne termine pas le cycle primaire et 95% des élèves en fin de primaire ne maîtrisent ni la lecture ni le calcul.
Le Pitaf mise ainsi sur le renforcement des compétences pédagogiques, de la petite enfance jusqu’au collège. “Sans enseignant qualifié, il n’y aura pas d’éducation de qualité”, souligne Christine Jaulmes, représentante résidente de l’Unicef à Madagascar, annonçant la formation d’environ 45 000 enseignants FRAM du primaire et 4 000 enseignants du collège pour l’obtention du certificat d’aptitude pédagogique.
Dans le cadre du programme, l’AFD appuiera le suivi pédagogique à travers l’accompagnement de 1 130 conseillers pédagogiques et 1 848 chefs de zone d’administration pédagogique (ZAP), ainsi que le renforcement de la gouvernance des examens du CAP. De son côté, la Banque mondiale soutiendra la formation de 30 000 éducateurs du préscolaire.
Au-delà de la formation, le Pitaf prévoit également la construction ou la réhabilitation d’infrastructures scolaires, la distribution de manuels et guides pédagogiques ainsi que des réformes de gouvernance au sein du ministère de l’Éducation nationale, chargé de coordonner l’ensemble des partenaires.