RESSOURCES HALIEUTIQUES – 75 % des entreprises crevettières menacées de fermeture en raison de la taxation de l’avitaillement des navires

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“La filière crevettière malgache au bord de la disparition”. Le Groupement des armateurs et des producteurs de crevettes de Madagascar (GAPCM) alerte sur un risque de fermeture massive de ses entreprises. A l’entendre, près de 75% de ses membres envisagent un arrêt progressif de leurs activités en raison de la taxation de l’avitaillement des navires de pêche, instaurée par la loi de Finances 2024.

En soutien à cette organisation professionnelle, le Syndicat des industries de Madagascar (SIM) appelle l’État à rétablir rapidement le régime de franchise fiscale dont bénéficiait auparavant le secteur. À défaut, plusieurs opérateurs pourraient être contraints de cesser leurs activités dans les prochaines semaines, avertit le syndicat.

La mesure contestée concerne la suppression de l’exonération de droits et taxes sur l’avitaillement des navires de pêche. Avant 2024, les armateurs pouvaient importer en franchise le carburant ainsi que les équipements et matériels nécessaires à l’entretien de leurs flottes. La fin de cet avantage fiscal a entraîné une hausse significative des coûts d’exploitation, notamment pour le carburant, considéré comme l’un des principaux postes de dépenses du secteur.

Les opérateurs affirment avoir déjà alerté les autorités et les parlementaires sur les conséquences de cette réforme à la fin de l’année 2025. Selon eux, la situation financière des entreprises s’est progressivement dégradée au cours des 18 derniers mois, au point d’atteindre aujourd’hui un seuil critique.

Le SIM estime qu’un maintien de cette taxation pourrait provoquer des fermetures d’entreprises, la suppression de milliers d’emplois et une baisse des recettes d’exportation. Le syndicat évoque également un risque de diminution des recettes fiscales et des redevances perçues par l’État ainsi que des répercussions sur les communautés côtières dépendantes de cette activité.

D’après les chiffres avancés par la filière, la pêche crevettière représente environ 3 000 emplois directs et indirects. Elle génère plus de 22 millions d’euros de recettes d’exportation par an, verse près de 42 milliards d’ariary d’impôts et taxes ainsi qu’environ 12 milliards d’ariary de redevances de pêche chaque année. Le secteur produit également près de 10 000 tonnes de protéines destinées à la consommation.