SANTÉ PUBLIQUE – La société civile dénonce un manque de transparence et une communication confuse autour des cas d’intoxication alimentaire

Antananarivo, 22 Juillet, 8h15 – Inquiétudes. La société civile s’insurge contre le flou qui entoure la communication officielle liée aux récents cas d’intoxication alimentaire signalés dans plusieurs régions du pays. Dans un communiqué publié mardi, plus de 400 organisations dénoncent les méthodes de diffusion de l’information autour de ces cas. “La manière dont les informations relatives aux intoxications alimentaires sont diffusées ressemble à une tentative de détournement de l’opinion publique”, écrivent-elles.

 

Dans leur communiqué, les organisations signataires demandent alors à ce “que les résultats des enquêtes soient publiés de façon transparente”. Elles réclament également “que les autorités prennent leur responsabilité en diffusant des informations exactes, fiables et scientifiques”, poursuivent-elles. Pour la société civile, c’est cette transparence qui “assure la justice et l’équité”, et qui “permet de prévenir que d’autres cas similaires ne surviennent dans d’autres régions”.

 

Mais au-delà, la diffusion des résultats d’enquêtes exacts et véridiques auprès de la population “garantit la tranquillité d’esprit de la population et permet de limiter la propagation de rumeurs diverses, sources de confusion et de perturbation de l’opinion publique”, estiment-elles. Pour cela, elles souhaitent “que les juridictions compétentes et les forces de l’ordre agissent et enquêtent de façon professionnelle et traitent les dossiers en priorité”.

 

En un mois, l’ingestion d’aliments contaminés a entraîné de nombreux décès dans quelques régions du pays. La société civile parle des cas signalés à Ambohimalaza dans l’Analamanga, à Ambositra dans l’Amoron’i Mania, à Toamasina dans l’Atsinanana et à Mahajanga dans le Boeny. Plus d’un mois après le signalement des premiers décès, si les aliments suspects ont été pointés du doigt, tels que des donuts, de la mortadelle ou encore de la mayonnaise, les noms des substances toxiques ne sont pas rendus publics.

 

Pour le cas d’Ambohimalaza où au moins 30 personnes ont perdu la vie, les autorités sanitaires et judiciaires ont conclu à un empoisonnement après les premières expérimentations réalisées sur des souris de laboratoire et après que l’Agence de contrôle de la sécurité sanitaire et de la qualité des denrées alimentaires (ACSSQDA) a signalé la présence de produits hautement toxiques et dangereux dans les vomis et les restes des aliments servis durant la fête d’anniversaire meurtrière du 14 juin. Des analyses d’échantillons de prélèvement sanguin et de contenu gastrique ont ensuite été effectuées à l’étranger, et les autorités ont évoqué la présence de substances inhabituelles sans en donner le nom.

 

Pour les cas de Mahajanga où au moins trois personnes ont perdu la vie et d’Ambositra où au moins 17 morts ont été signalés, la mortadelle et sa conservation ont été évoquées comme causes des décès. Le nom de la bactérie présente dans le produit n’est pourtant pas publié. La suite des enquêtes n’est pas non plus rendue publique.

 

Dans la foulée de sa demande de transparence sur les enquêtes en cours, la société civile appelle également à un renforcement urgent des contrôles de la sécurité sanitaire et de la qualité des denrées alimentaires. Elle demande ainsi la mise en place de contrôles sanitaires rigoureux et réguliers sur les produits alimentaires, qu’ils soient importés ou distribués sur les marchés locaux. Elle appelle également à la révocation des responsables publics jugés défaillants dans la prévention ou la gestion de ces crises sanitaires.