SANTE PUBLIQUE – Les professionnels du secteur pharmaceutique craignent que la proposition de loi sur le maintien des dépôts de médicaments malgré l’implantation d’une pharmacie freine le déploiement des jeunes pharmaciens et l’implantation de nouvelles pharmacies
Antananarivo, 16 Novembre, 7h52 – Les professionnels du secteur pharmaceutiques relancent le débat. Malgré la décision des députés de suspendre l’adoption de la proposition de loi Voninahitsy sur le maintien des dépôts de médicaments, ils n’en continuent pas moins de s’inquiéter. Dans un communiqué, ils ne demandent ni plus ni moins que le retrait de la proposition et souhaitent un « statu quo jusqu’à établissement de nouveaux textes » issus de négociations.
Dans leurs arguments, ils mettent en avant la nécessité de « professionnels de santé qualifiés maîtrisant les normes et les bonnes pratiques » dans les systèmes de santé et de soins. Or, ils estiment que cette « proposition de loi va à l’encontre du déploiement des jeunes pharmaciens à travers toute l’île et freine l’implantation de nouvelles pharmacies ».
Aux assertions qui reprochent aux pharmaciens de ne pas vouloir s’implanter dans les zones éloignées des grandes villes, les professionnels du secteur pharmaceutique martèlent que « les pharmaciens autant que les dépositaires peuvent s’implanter dans les zones enclavées ». Ils insistent néanmoins sur la nécessaire « amélioration de l’écosystème d’infrastructures par l’Etat » et le « respect des distanciations » pharmacies – dépôts de médicaments.
Pour les professionnels, une cohabitation des deux entités dans une même localité sans un minimum de distanciation ne saurait être possible dans le sens où cela « contribuera à dévaloriser le rôle des médecins prescripteurs et des pharmaciens ». Or, rappellent-ils, les pharmaciens ont suivi des études universitaires, contrairement aux dépositaires qui ne disposent que d’un certificat de formation de trois mois lors de leur inscription. Ils rappellent alors la création du département pharmacie au sein de la Faculté de médecine dans une optique d’amélioration du système de soins et d’augmentation du nombre des pharmaciens.
Sans remettre en cause l’existence des dépôts de médicaments qui constituent un palliatif à l’absence des pharmacies dans les zones enclavées, les professionnels du secteur pharmaceutique s’en tiennent au principe prévu dans le Code de la Santé. Celui-ci veut que soient « réservés exclusivement aux pharmaciens la vente au détail et la délivrance à titre onéreux ou à titre gratuits des médicaments et autres produits pharmaceutiques soumis aux mêmes dispositions, ainsi que des substituts du lait maternel ».