Antananarivo, 9 Juillet, 11h30 – La poliomyélite continue de frapper sur la Grande île. Les derniers chiffres signalés par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) en juin 2024 font état de 380 cas confirmés de septembre 2020 jusqu’en juin 2024. Soit une hausse de 97 cas comparé aux données de novembre 2023 où il était recensé 287 cas.
Sur les 380 cas recensés en juin, 53 sont des cas de paralysie, soit une hausse de huit cas par rapport à novembre 2023 où 45 cas paralytiques ont été signalés. 282 cas signalés en juin ont été issus de la surveillance environnementale contre 198 en novembre 2023, soit une hausse de 84 cas détectés dans des échantillons d’eaux usées en six mois. Les cas confirmés restants, au nombre de 45 jusqu’en juin, ont été dépistés sur des patients sains, soit six cas de plus entre juin et novembre.
Un nouveau tour de la campagne de vaccination contre la poliomyélite est mené depuis lundi jusqu’à vendredi pour mettre fin à la recrudescence de la poliomyélite. Des millions d’enfants de moins de 15 ans sont ciblés par cette campagne menée par le ministère de la Santé publique et placée sous le parrainage de la première dame, Mialy Rajoelina. Lors du premier tour de la campagne qui a eu lieu en mai, plus de 13,2 millions d’enfants de moins de 15 ans ont pu être atteints. En 2024, ce sont plus de 5 375 000 enfants âgés de 0 à 59 mois qui ont pu être vaccinés.
La recrudescence des cas de poliomyélite, alors que Madagascar avait été certifiée polio-free en 2018, avait coïncidé avec le contexte de l’épidémie de Covid-19. A l’époque, Madagascar avait connu une baisse importante de la vaccination, suite aux “lourdes exigences qui avaient pesé sur les systèmes de santé, de la réaffectation des ressources, des pénuries de personnel soignant et des mesures de confinement à domicile”, comme l’indiquait le système des Nations unies dans un communiqué en 2023. A ce contexte s’est aussi ajoutée une baisse de confiance du public dans la vaccination due à une forte “propagation de la crainte et de la désinformation autour de la vaccination”, devait encore poursuivre le système des Nations unies.