Antananarivo, 11 Mai, 10h55 – “Vous direz peut-être que je suis en train de faire une homélie. Prenez-le comme vous voulez. Mais ce que je sais, c’est que le peuple malgache doit lutter contre la corruption”. Le ministre de la Justice, Benjamin Rakotomandimby, assure que la corruption est contraire à la volonté divine. Pour lui, il ne s’agit pas seulement d’une infraction, mais d’un péché dont on ne peut pas se repentir.
“En tant que ministre de la Justice, je le proclame publiquement : la corruption est un péché”, martèle-t-il dans son discours lors de la cérémonie de présentation du rapport annuel des Pôles anti-corruption, vendredi dernier. Il a répété cette phrase trois fois, ajoutant qu’il s’agit d’une transgression aux volontés divines qui peut “mener en enfer”.
Et pour enfoncer le clou, il évoque un forfait qui pourrait ne recevoir aucun pardon. “Libre à vous de penser que vous aurez encore le temps de vous repentir, mais sachez qu’il n’y a peut-être pas de moment pour se repentir”, prévient-il. “Et si dimanche ne venait plus? Et si dimanche n’arrivait plus”, lance-t-il comme un avertissement à l’encontre de ceux qui pensent qu’ils vont “se repentir demain ou recevoir la communion dimanche”.
Dans son allocution, Benjamin Rakotomandimby appelle alors à rejeter et à refuser la corruption avant qu’il ne soit trop tard. Il rappelle que ce n’est plus la peine d’espérer qu’une fois arrêtés, les suspects pourront effectuer des transactions ou des arrangements et négocier une détention dans la cellule baptisée “Maputo” à Antanimora.
“Je l’ai fait fermer”, rappelle-t-il, soulignant que “ce n’est pas parce qu’on a de l’argent qu’on va se retrouver dans cette cellule où il y a réfrigérateur, la télévision par satellite ou tout le confort inimaginable”. A en croire le ministre, certains prisonniers pouvaient occuper cette cellule moyennant la somme de 10 millions d’ariary. “Mais je l’ai fermée et cela a privé certains de leurs revenus”, assène-t-il.
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