Se passer des bailleurs de fonds nécessite d’avoir les ressources intérieures suffisantes, d’après la ministre Rindra Rabarinirinarison

Antananarivo, 26 Octobre, 16h15 – Recourir aux financements des bailleurs de fonds n’est pas obligatoire pour Madagascar. Toutefois, il faudrait que le pays soit en mesure de mobiliser des ressources intérieures suffisantes, avant de pouvoir s’en passer. C’est ce qu’a exposé la ministre de l’Economie et des finances, Rindra Rabarinirinarison, durant une émission spéciale sur la participation de la délégation malgache aux réunions annuelles du groupe de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international à Washington, transmise par la chaîne privée TV Plus.

Pour l’heure, la faible mobilisation de ces ressources intérieures, que ce soit à travers le recouvrement des recettes fiscales, la perception de diverses redevances ou encore par les investissements privés, ne permet pas à Madagascar de se passer des aides des bailleurs de fonds. Le taux de pression fiscale, qui n’est que de 10,2% du PIB pour la Grande île, est un exemple cité par la ministre Rindra Rabarinirinarison pour justifier cette dépendance. Et c’est pourquoi ce sont ces partenaires de Madagascar qui financent la majeure partie des projets de développement du pays, indique ce membre du gouvernement.

La vice-présidente des Nations-Unies pour l’Afrique de l’Est et du Sud, Victoria Walk, a insisté sur l’importance d’accroître les ressources internes pour stimuler la croissance et limiter la dépendance de la région aux aides étrangères. La mobilisation des ressources domestiques, qui inclut les impôts, les redevances et les recettes publiques, est perçue comme une solution stratégique pour répondre aux défis socio-économiques actuels, selon ce qui était exposé lors de la réunion des pays d’Afrique de l’Est et du Sud, en marge des Assemblées annuelles du groupe de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international.

Les efforts de Madagascar pour améliorer la collecte des impôts et l’efficacité des dépenses publiques, avaient été mis en avant par la ministre Rindra Rabarinirinarison durant cette réunion. Elle avait également profité de cette occasion pour insister sur la nécessité de coopération régionale, afin de renforcer les capacités fiscales et réduire la dépendance aux aides étrangères.

D’après la stratégie de la dette pour 2024-2026, les besoins de financement brut (BFB) s’élèveront à 25 008,8 milliards d’ariary pour la période de trois ans. Les besoins devraient s’élever à 6 056 milliards d’ariary pour 2024, 9 319,4 milliards d’ariary pour 2025 et 9 633,4 milliards pour 2026. Le besoin de financement extérieur a une part totale de 71,1% dans le BFB total, pendant la période sous revue.

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