Antananarivo, 19 Décembre, 7h27 – L’Etat et QMM vont mettre les mains à la poche. Pour convaincre les manifestants de lever les barrages qu’ils ont érigés sur la route de Mandena à Tolagnaro, les représentants de l’Etat ont dû promettre de leur payer 2,5 milliards d’ariary à titre de compensation. Rio Tinto QMM, de son côté, s’est engagé à augmenter son budget RSE (responsabilité sociale de l’entreprise) de 1 million de dollars par an à 10 millions de dollars pour les trois ans à venir. L’accord en ce sens a été signé vendredi dernier par les représentants de l’Etat, les autorités locales, les dirigeants de Rio Tinto QMM et les représentants des manifestants.
⭕Selon l’accord, le montant dû par l’Etat sera réparti à ceux qui se prévalent du titre d’occupants traditionnels des parcelles sur lesquelles Rio Tinto QMM verse déjà des loyers dans le cadre des baux emphytéotiques conclus avec l’Etat. Le versement se fera toutes les deux semaines pendant trois mois. Ce paiement, selon l’accord, devrait définitivement clôturer le dossier lié au foncier sur toutes les parcelles de terrain exploitées par la compagnie minière.
⭕Pour ce qui est du budget RSE de Rio Tinto QMM, il devrait principalement servir à « réaliser des activités de développement qui seront décidées par un comité spécial à mettre en place ». Ce comité sera « composé des représentants de la compagnie, des autorités régionales, des élus, ainsi que des membres de la communauté parmi lesquels les occupants des terrains, les usufruitiers, notamment les éleveurs et les pêcheurs », précise l’accord. L’entente avec les usufruitiers devrait également être conclue dans les meilleurs délais, souligne encore l’accord.
⭕Après la signature de l’accord vendredi, les manifestants ont levé les barrages qui avaient bloqué l’accès menant vers le site minier de Rio Tinto QMM depuis le début du mois de Décembre. La compagnie, de son côté, a annoncé une reprise de ses activités dans les meilleurs délais, ainsi que l’approvisionnement continu de l’électricité à la ville de Tolagnaro. Ces barrages avaient amené la compagnie minière à suspendre ses activités depuis le 1er Décembre, à déclarer la force majeure le 14 Décembre puis à suspendre pendant huit heures par jour sa production de l’électricité.
Photo : Gouvernorat de la région d’Anôsy
