SOCIETE CIVILE – Le Sefafi demande la révision du texte relatif aux situations d’exception

Antananarivo, 2 Janvier, 9h45 – Le Sehatra fanaraha-maso ny fiainam-pirenena (Sefafi – Observatoire de la vie publique) se met à l’heure des bilans et soumet des propositions. Dans un communiqué publié le 31 Décembre, cette organisation de la société civile met en avant la nécessité « de réviser le texte-cadre de la gestion de crise », la loi 91-011 relative aux situations d’exception en l’occurrence. Ce texte, selon le Sefafi, est « obsolète et dangereux en termes d’équilibre des pouvoirs ».
Le Sefafi, dans son communiqué, déplore « le renforcement de pouvoirs présidentiels déjà forts, en vertu de la proclamation de l’état d’urgence sanitaire ». Cela s’est, notamment illustré par « l’omniprésence et l’interventionnisme permanent du président de la République devant lequel toutes les autres institutions se sont effacées », poursuit le Sefafi. Celui-ci regrette également « l’exploitation populiste de la crise » et se demande si « le marketing et l’opportunisme politiques ne peuvent être mis entre parenthèses, dans une crise humanitaire qui secoue les fondements mêmes de la société ».
Avec l’adoption d’une nouvelle loi, le Sefafi espère que les dirigeants puissent cesser de confondre état d’urgence et état de nécessité nationale. A en croire cette OSC, les autorités auraient mis en œuvre, en 2020, « des mesures restrictives et anti-démocratiques contre les opposants et la presse » que seul l’état de nécessité nationale et non l’état d’urgence sanitaire pouvait justifier. « Une pandémie, conclut le Sefafi, n’a pas à servir de passe-droit et de sauf-conduit à des rêves de domination et de puissance ».