Antananarivo, 16 Juillet, 18h45 – L’optimisme est permis. Les autorités malgaches indiquent travailler sur la finalisation de la nouvelle stratégie pour la restauration de la situation financière de la Jirama. Elles ont avisé le Fonds monétaire international (FMI) dans le cadre de la quatrième revue du programme sur la Facilité élargie de crédit (FEC) que la mise en œuvre de cette stratégie devra permettre le redressement de la compagnie nationale à moyen terme. Il est alors prévu, selon la partie malgache, que la Jirama commencera à générer des bénéfices en 2027.
Les changements au niveau de l’équipe dirigeante de la Jirama ont retardé la finalisation de son nouveau plan de redressement prévu être effectué à la fin du mois de décembre 2022. Une nouvelle équipe de direction est en train d’être engagée par le biais d’un processus de recrutement international, avec le soutien de la Banque mondiale.
Pour l’heure, la Jirama tourne à perte. Les tarifs moyens de l’électricité restent loin des coûts de production. Le coût moyen de production de l’électricité de la Jirama a été estimé à 1 272 ariary par kilowattheure en 2022, soit plus de deux fois le prix de vente moyen qui est de 550 ariary par kilowattheure. Il est alors souligné que la société d’Etat ne peut pas continuer à fonctionner sans le soutien du gouvernement.
Pour expliquer cette situation, la Banque mondiale avait déjà exposé de son côté que la dépendance de la Jirama à l’égard des carburants coûteux pour environ la moitié de sa production d’électricité est symptomatique de son incapacité à développer des ressources nationales à moindre coût telles que l’énergie hydraulique et solaire. Plus de 55% de sa production sont fournis par les producteurs d’électricité indépendants. Or cette institution de Bretton Woods soutient que ces productions se font dans le cadre de contrats d’achat d’électricité négociés directement à des conditions défavorables à la compagnie nationale.
La Banque mondiale a par ailleurs souligné que même les transferts gouvernementaux d’environ 100 millions de dollars par an à la Jirama ne permettent plus à la compagnie de maintenir sa viabilité financière. Et pourtant, cette société d’Etat avait atteint le seuil de rentabilité en 2009.
