Nairobi, 12 Mai, 7h30 – “Notre défi commun, Europe et Afrique? C’est de ne pas dépendre”. Le président français, Emmanuel Macron, expose sa vision Afrique – France devant la jeunesse africaine réunie en amont de la réunion des chefs d’Etat et de gouvernement du Sommet Africa Forward 2026. Répondant aux discours aussi bien des dirigeants que des jeunes d’Afrique qui disent ne plus avoir besoin de l’aide de la France, il affirme vouloir des “partenariats d’égal à égal”.
S’exprimant lundi à Nairobi lors de la séquence jeunesse “Future Makers”, Emmanuel Macron estime que l’Afrique a davantage “besoin d’investissements pour être plus souveraine”, plutôt que des relations où la France viendrait aider. Parce qu’elle “n’a plus totalement les moyens” et parce qu’en plus “cela crée plein de tensions à la maison”, explique-t-il. Mais au-delà, il s’agit aussi, pour la France et pour l’Europe d’investir au cœur du “continent le plus jeune au monde” et “qui a le plus de croissance au monde”.
Il défend alors une coopération centrée sur la souveraineté technologique, énergétique et culturelle entre l’Afrique et l’Europe. Devant la jeunesse africaine qui a présenté ses “rêves”, ses “ambitions” et ce qu’elle est “déjà en train de faire”, le président français répond qu’“on a des investissements à faire, c’est intelligent pour vous, c’est bon pour nous, on le fait ensemble”. “Si nous travaillons ensemble, nous serons d’autant plus forts”, poursuit-il.
Et l’enjeu, laisse-t-il entendre, c’est de réduire les dépendances vis-à-vis des grandes puissances technologiques. “Les solutions sont conçues aux États-Unis ou en Chine”, soulève-t-il, estimant que l’Afrique et l’Europe sont encore davantage des consommateurs que des producteurs dans plusieurs secteurs stratégiques. Il appelle ainsi à investir ensemble dans les infrastructures et l’énergie afin de bâtir “l’autonomie stratégique” des deux continents, mais aussi afin de défendre leur souveraineté.
Mais la France n’entend pas limiter les investissements aux infrastructures, il insiste également sur la question de la formation et de la rétention des talents africains. Pour lui, les partenariats avec les universités africaines et l’accélération des investissements français dans ce domaine contribuent à créer du talent qui, espère-t-il, restera afin d’aider le développement du continent. Car l’idée est aussi que la jeunesse africaine réussisse “parce que c’est bon pour la France et pour l’Europe”. “Si vous échouez, votre jeunesse quittera, on aura plein de tensions migratoires”, reconnaît-il, ajoutant surtout que “si vous échouez, on n’a aucune chance”.
Emmanuel Macron est d’autant plus optimiste qu’il dit avoir senti chez la jeunesse africaine un “panafricanisme positif” qui “veut juste conquérir tout, bâtir son continent, soulever ses défis, attirer les investissements du monde entier”. Et cela, assure-t-il, fait que la France veuille “investir à vos côtés parce qu’on est sûrs que ça va marcher et que l’histoire africaine est une grande histoire”.
